Le 8 juillet des agent-es territoriaux de la mairie de Châtellerault ont fait grève à l’appel de la CGT. Voici la prise de parole de la CGT de ce jour-là :

« Chers collègues, chers camarades,

Aujourd’hui, si nous sommes réunis devant cette mairie, ce n’est pas par plaisir.

Nous sommes là parce que la colère gronde.

Nous sommes là parce que les agents en ont assez d’être les oubliés de cette collectivité.

Nous sommes là parce qu’il y a un décalage insupportable entre les discours et la réalité que vivent les agents au quotidien.

Depuis l’arrivée de la nouvelle municipalité, les premières mesures ont été prises pour les élus : augmentation des indemnités, communication à outrance, autosatisfaction permanente.

Pendant ce temps-là, pour les agents : rien.

Toujours les mêmes difficultés.

Toujours les mêmes promesses.

Toujours les mêmes sacrifices.

Mais il semble que certains aient oublié une vérité essentielle :

Sans les agents, rien ne fonctionne !

Sans les agents, pas de crèches.

Sans les agents, pas de voirie.

Sans les agents, pas de propreté urbaine.

Sans les agents, pas de restauration scolaire.

Sans les agents, pas d’accueil du public.

Sans les agents, aucune décision politique ne peut être appliquée.

Les élus décident, mais ce sont les agents qui font vivre le service public chaque jour.

Et pourtant, ceux qui font tourner cette collectivité sont toujours les derniers servis.

Nous subissons depuis des années une perte de pouvoir d’achat considérable.

Nous subissons le manque de personnel.

Nous subissons la dégradation de nos conditions de travail.

Nous subissons le blocage des carrières.

Nous subissons des décisions prises sans concertation et parfois remises en cause quelques jours plus tard.

Cette gestion à vue n’est plus acceptable.

Et pendant qu’on nous explique qu’il faut faire des économies, les services se vident.

Les départs ne sont pas remplacés.

Les effectifs diminuent.

Les savoir-faire disparaissent.

Des métiers entiers sont sacrifiés.

Le métier de tapissier disparaît.

Le métier de mécanicien disparaît progressivement.

Le métier de menuisier est fragilisé.

Le métier de carrossier est abandonné.

Ce sont pourtant des compétences précieuses, des savoir-faire construits au fil des années et qui font la richesse de notre collectivité.

Quand ces métiers disparaissent, ce n’est pas seulement un poste qui disparaît.

C’est une expertise.

C’est un service rendu aux habitants.

C’est une part de notre patrimoine professionnel qui s’en va.

Quelle est votre vision pour les services municipaux ?

Quelle est votre vision pour les agents ?

Quelle est votre vision pour le service public ?

Parce qu’aujourd’hui, nous avons surtout l’impression que l’on détruit progressivement ce que des générations d’agents ont construit.

Et que dire des carrières ?

En 2025, 115 agents remplissaient les conditions pour être promus au grade d’agent de maîtrise.

Seulement deux nominations !

Deux sur cent quinze !

C’est une gifle pour tous les agents qui s’investissent chaque jour.

Nous demandons des promotions à la hauteur des besoins et de l’engagement des personnels.

Nous demandons également la titularisation des agents précaires qui occupent des postes permanents depuis des années.

La précarité ne peut pas être un mode de gestion des ressources humaines.

Nous demandons le respect de ces collègues qui assurent les mêmes missions que les titulaires.

Nous exigeons aussi l’attribution immédiate du bonus attractivité pour les professionnelles de la petite enfance.

Depuis deux ans, elles attendent.

Depuis deux ans, elles patientent.

Depuis deux ans, elles voient d’autres collectivités avancer pendant qu’ici rien ne bouge.

Nous exigeons également le versement de la prime promise aux cantonniers suite à la réforme de la collecte des déchets.

Quand il s’agit de demander des efforts aux agents, tout va très vite.

Quand il s’agit de reconnaître leur travail, il n’y a plus personne.

Nous revendiquons également une prime de Noël pour l’ensemble des agents afin de reconnaître concrètement leur engagement.

Mais au-delà des primes et des salaires, ce que nous demandons aujourd’hui, c’est du respect.

Le respect des agents.

Le respect des représentants du personnel.

Le respect des instances de dialogue social.

Le respect des règles.

Nous ne sommes pas des figurants.

Nous ne sommes pas un problème à contourner.

Nous sommes les représentants élus des agents.

Et nous continuerons à défendre leurs droits.

Nous continuerons à dénoncer les décisions injustes.

Nous continuerons à combattre les décisions illégales.

Nous continuerons à exiger des moyens pour les services.

Nous continuerons à défendre chaque agent victime d’injustice.

Car la CGT ne se taira pas.

La CGT ne reculera pas.

La CGT ne laissera personne démanteler le service public ni mépriser les agents.

Aujourd’hui n’est qu’une étape.

Si nos revendications ne sont pas entendues, nous reviendrons.

Plus nombreux.

Plus déterminés.

Plus mobilisés.

Parce que notre force, c’est notre nombre. »

Notre force, c’est notre solidarité.

Notre force, ce sont les agents.

Et sans les agents, rien ne fonctionne !

Vive les agents territoriaux !

Vive le service public !

Et vive la CGT ! »

Rédaction