« À Châtellerault, Le 4 mars, la salle Camille Pagé a rassemblé plus de 120 personnes pour un débat public crucial à l’approche des élections municipales de 2026. Cette soirée était proposée, à l’initiative de Greenpeace Poitiers, par un collectif de 8 associations (XR Poitiers, Terre de Liens, l’ACEVE, les Coquelicots de Châtellerault, la LPO Poitou-Charentes, Cancer Colère 86 et les Urbaculteurs). Ces citoyens sont venus interpeller les candidat·es sur leurs engagements écologiques, sanitaires et démocratiques.
Une méthode rigoureuse pour une transparence totale
Loin des discours vagues, le collectif inter associatif avait soumis en amont un questionnaire précis aux listes en présence. Éthique publique, biodiversité, santé, gestion de l’eau et de l’énergie : chaque thématique a été passée au crible. L’objectif ? Offrir aux électeurs un outil d’évaluation clair et factuel des programmes.
Un clivage politique marqué face à l’urgence
L’analyse des résultats des engagements des candidat.es à la mairie et les échanges de la soirée révèlent une fracture nette entre les prétendant.es à la mairie :
- Des engagements plus concrets à gauche : Les listes « Changer d’ère » et « Fier(e) de Châtellerault » se distinguent par une volonté de s’engager sur des mesures fortes.
- La prudence à droite : Les représentant.es de la majorité sortante et les candidats de droite ont souvent opposé des réponses négatives, se retranchant derrière les décisions de l’État ou de l’Agglomération (Grand Châtellerault).
« Beaucoup de candidat.es se disent lié.es par les directives supérieures comme s’iels n’avaient aucune marge de manœuvre locale », déplore un co-organisateur. « Or, sur des sujets comme le bio dans les cantines (Loi Egalim), la municipalité peut choisir d’aller bien au-delà des 20% réglementaires. C’est là que se situe le véritable courage politique. »
Des lacunes sur certains sujets : Certains thèmes explorés par nos questions ne semblaient pas bien connus des candidats alors-même que certains d’entre eux sont déjà élus. « Questionner sur des points précis les oblige à se renseigner, sortir de leurs habitudes », souligne encore une des co-organisatrices.
Exemple sur le risque nucléaire et la protection des populations :
Le débat a révélé une disparité de connaissances sur les responsabilités municipales en cas d’accident nucléaire. Si la gestion industrielle est nationale, la protection des populations incombe aux maires. De son côté l’état a élaboré le «Plan de réponse à un accident nucléaire ou radiologique majeur » et aussi le « Plan ORSEC-iode » dès 2013. C’est dans l’application de ces deux plans que toutes les communes de France (et pas seulement celles situées à moins de 20 km des centrales) doivent intervenir en incluant dans leur PCS (plan communal de sauvegarde) les actions qu’elles devrait accomplir et garantir en cas de menace nucléaire sur la population : confinement, prise de comprimé d’iode, évacuation, restriction de consommation d’eau et de denrées locales potentiellement contaminées. Pour la distribution de pastilles d’iode, la préfecture gère cette distribution. Un stock existe dans chaque département. En cas d’alerte, les comprimés sont acheminés en urgence dans les chefs-lieux de cantons où chaque commune doit venir chercher sa dotation. À elle ensuite d’assurer la distribution aux personnes présentes sur son territoire. Afin de garantir la bonne exécution de cette distribution, l’information du public paraît primordiale : à la municipalité d’aviser par avance sa population des lieux et des modalités de la distribution.
Sur ce sujet, seuls 2 candidats ont démontré une connaissance du sujet et une volonté d’anticiper l’information du public. Les autres listes ont semblé découvrir l’ampleur de leurs prérogatives, illustrant une culture du risque encore peu développée au niveau local.
La démocratie directe plébiscitée
Malgré des réponses parfois jugées un peu « justes » par le collectif organisateur, la qualité du débat a été saluée par l’ensemble des participants. Le format, garantissant un temps de parole équitable et une interaction avec le public, a prouvé l’attente des Châtelleraudais d’une politique transparente. « Ce débat a forcé chaque liste à sortir des généralités pour se confronter à des points techniques précis », note un membre du collectif. « C’est une étape importante pour que les électeurs puissent juger de la capacité des futurs élus à se saisir pleinement de leurs marges de manœuvre politiques. »
Candidats présents ou représentés : Manuel Costa Nobre (représenté), David Simon, Dominique Pasquet, Thomas Baudin (représenté), Maxime Noirot.
Absents : Patrice Villeret et Anne-Florence Bourat
(Note : Les listes d’extrême droite n’étaient pas invitées, leurs valeurs étant jugées incompatibles avec celles du collectif.)
Le même débat public est organisé par ce collectif inter-associatif à Poitiers pour que les habitants puissent comparer les engagements des candidats
MARDI 10 MARS À 20H Salle TIMBAUD (rue Saint Paul)
Le collectif interassociatif

