(*) Ou l’extrême-centre ? Ou le centre-centre ? Le centre de droite à gauche plutôt ?

Nous posions la question, il y a déjà quelques semaines « Anthony Brottier est-il « de gauche » ? » , article qui a connu un joli succès ( https://web86.info/elections-municipales-2026-a-poitiers-anthony-brottier-est-il-de-gauche-episode-7/ ) et qui demande maintenant à être complété. Complété à la lumière de la bascule qui vient de se produire et des évènements intervenus tout au long de la semaine écoulée.

A droite pour commencer, il n’aura rien été épargné à Lucile Parnaudeau, lâchée par une partie de ses colistiers qui voulaient qu’elle se retire de la course, confrontée comme elle l’a déploré à « une violence que je n’attendais pas et que je trouve anormale » (NR du 23 mars, p. 2). La candidate « du centre et de la droite » a connu une chute spectaculaire entre le 1er et le 2ème tour : avec moins de 5 % elle ne pourra même pas siéger au prochain conseil municipal. Un score divisé par deux : de 10,24 à moins de 5 % (- 1 344 voix) ! Et où sont passées ses voix à votre avis ? Chez le « centriste » bien sûr ! Et comme pendant la semaine, tout le monde s’y est mis (Horizons, Renaissance, LR, le MODEM, et même le MEDEF !) il n’a pas manqué beaucoup de voix à droite pour compléter l’appel de François Blanchard à « ne pas voter LFI » au second tour. Le candidat socialiste s’était lui retiré en milieu de semaine, « rendant les armes » : certains de ses collègues de liste en sont resté.es dépité.es.

La boucle était bouclée et si Anthony Brottier a gagné, c’est bien avec la mobilisation d’une coalition assez « baroque » allant de l’extrême-droite au parti socialiste poitevin. Le RN Rangeard se félicitant lui que la gauche ait perdu la mairie…

A regarder maintenant le score du candidat d’extrême-droite, la perte tout en étant moins forte n’en est pas moins significative : de 10,5 à 7 % (moins 875 voix)… des voix qui sont parties où ?

Quant aux 11,3% recueillis par la liste de F. Blanchard (2 904 voix), ils se sont reportés sur le centriste revendiqué aidé en cela par l’appel de Claeys, de Houlié, de Coutelle,…. L’ancien maire Jacques Santrot en ajoutant une couche avec ses déclarations pleine d’approximations et d’une rancœur… lucide (!) dénonçant l’état du PS poitevin devenu d’après ses dires une coquille vide où on ne réfléchit plus…

Comme l’écrit le PCF86 dans son communiqué sur les élections (https://web86.info/advert/elections-municipales-dans-la-vienne/) et sur Poitiers en particulier : « Le PS pictavien, F. Blanchard et A. Claeys en tête, qui a entretenu ce flou [visant à faire penser que le clivage gauche-droite est dépassé] pendant 6 ans par pur esprit de vengeance et a appelé à voter pour M. Brottier. »

Au final, tout ce petit monde a bien alimenté un vote du type « plutôt mort que vert et rouge » : A. Brottier n’avait plus qu’à ramasser la mise : un doublement de ses voix de 6 048 à 12 086 au 2ème tour !!! Avec l’évolution des scores des uns et des autres entre les deux tours, on peut discerner d’où provient ce résultat. Les voix perdues par Parnaudeau et Rangheard ou offertes (!) par Blanchard représentent un cumul de 5 123 voix. Et quid des 544 voix de Prost ?

C’est bien à droite que Brottier a gagné l’élection avec le soutien appuyé de Blanchard et des anciens élus du PS. Plus une campagne d’entre deux tours dénigrant la fusion Moncond’huy/Geay, accord de tous les dangers !

Bien dérisoire tout ça.

La participation entre les deux tours n’augmente que de 0,9% soit 435 électrices et électeurs supplémentaires : une partie de ces nouveaux votes expliquant les + 178 voix pour le total Moncond’huy/Geay du second tour par rapport au premier ? Car au final, l’addition des voix s’est bien faite mais sans porter au delà : la responsabilité du PS de Poitiers est flagrante même si le Parti Socialiste de la Vienne avait appelé à voter… Moncond’huy !! Trop peu, trop tard.

Enfin, les votes blancs et nuls (454 au 1er tour, 1,9 %) sont passés à 654 au second tour (2,5 %).

Pour analyser plus finement les transferts de voix entre les deux tours, un article détaillé suivra le premier à partir des résultats de plusieurs bureaux représentatifs de la sociologie de la ville.

Il restera également à écrire sur l’abstention massive dans les quartiers populaires (jusqu’à 60 %) et qui a souvent porté en tête… Anthony Brottier. Ce qui doit absolument nous interroger sur l’ancrage de l’écologie et des questions sociales chez des populations qui cumulent précarité et difficultés au quotidien.

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Saint Just

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