Samedi 1er août le Collectif LGBTQIA+ appelait à un rassemblement place de la mairie de Poitiers pour montrer leur solidarité avec les personnes victimes d’islamophobie en Allemagne comme ailleurs.

Un recueillement s’est effectué suivi d’une prise de parole du Collectif.

Ce discours ne relate pas simplement les faits, il explique le poids du traitement médiatique et les tentatives de récupérations politiques qui s’en sont suivies…

« Cher.ères adelphes, 

Nous sommes réunis car, il y a une semaine, lors de la Pride de Berlin, sur les coups de 22h, une voiture bélier a foncé dans un parc et a fait 29 blessés et a provoqué la mort d’une femme. 

La Pride est un espace de luttes, fait pour porter notre fierté, pour se sentir à sa place en tant que lesbienne, gay, bisexuelle, transgenre, intersexe et queer.. Les violences queerphobes continuent de persister, les queers sont toujours une cible, le combat n’est jamais terminé.

Les médias et les politiques ne parlent que de l’origine de l’auteur présumé. Alors qu’ils pourraient s’attarder sur la gravité des faits, le contexte de fascisation ou encore de la montée des violences contre les personnes LGBTQIA+.

L’auteur présumé était un homme allemand, mais d’origine libanaise et radicalisé par Daech. Il n’en fallait pas plus pour que l’extrême-droite saute sur l’occasion pour se réapproprier cette attaque queerphobe. La mouvance d’extrême-droite apporte son soutien à la communauté LGBTQIA+. Nous leur répondons clairement : gardez le. Nous n’accepterons rien de nos adversaires de luttes. 

Toute la sphère médiatique et politique en parle pour alimenter des discours racistes et xénophobes. 

Nos pensées vont donc à nos adelphes musulmans et racisés, sur qui s’abat encore une fois un torrent de haine et de racisme. 

N’oublions pas que les institutions allemandes qui accusent ces attaques, elles aussi, sont queerphobes : 

l’année dernière pour le même évènement, c’est la police berlinoise qui s’en était prise à des militantes pro palestiniennes

le Bundestag, équivalent de l’assemblée nationale, a interdit à un collectif d’employés queer de participer à cette pride

c’est cette institution aussi qui n’a pas voulu afficher le drapeau queer sur ses bâtiments

Ne soyons pas dupes : les attaques contre la communauté LGBTQIA+ ne peuvent être résumées à une religion. C’est aussi l’occasion pour des politiques néo fascistes d’utiliser la peur des gens pour gagner de l’influence.

Ne tombons pas dans le piège de l’homo nationalisme, il n’y a pas de lutte queer sans les personnes victime de racisme et de xénophobie. 

Nos pensées vont aux proches des victimes et à toutes les personnes victimes de violences queerphobes. 

-> Wir denken an die Opfers Umfeld und allen, die einen Queerfeinlich Angriff erlebt haben.

Notre solidarité n’a pas de frontière et nos deuils ne sont pas récupérables.

-> Unsere Solidarität kennt keine Grenzen und unsere Trauer sind nicht für Instrumentalisierung.

Merci.

Le Collectif LGBTQIA+ 86 (Fiertés Poitiers) »

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