
Communiqué suite aux manifestations du 17 octobre
Les écologistes de Poitiers Sud Vienne appellent à ne pas étouffer les revendications du 17 octobre
Les écologistes étaient présents aux côtés des plus de 6 000 poitevines et poitevins lors de la manifestation du 17 octobre 2026. Cette manifestation festive et pacifique a malheureusement été suivie en fin d’après-midi par des heurts, ainsi que des dégradations et pillages commis par des groupes réduits dans plusieurs magasins du centre-ville. Nous condamnons ces actes qui n’ont pas leur place dans le mouvement social et exprimons notre pleine solidarité avec les personnes blessées, les commerçants impactés et les habitants marqués.
Cependant il faut aussi entendre ce que cette violence dit de notre société : la détresse économique et sociale de beaucoup d’entre nous, l’absence d’horizon politique désirable, la violence institutionnelle exercée contre le peuple. Nous regrettons que certains observateurs et la mairie de Poitiers aient décidé de centrer leurs réactions sur ces actes isolés. Ils entretiennent ainsi la surdité vis-à-vis des revendications portées par les milliers de personnes présentes.
Les lycéens, étudiants, parents, gilets jaunes et simples citoyens étaient d’abord présents pour demander des solutions face au délabrement des lycées, au nombre insuffisant de professeurs, à la baisse du pouvoir d’achat et la hausse du prix des carburants qui ne cessent de durcir le quotidien. Ces revendications sont d’une brûlante actualité alors que le projet de loi de finances, discuté depuis cette semaine à l’Assemblée Nationale, ne prévoit aucune revalorisation de salaire pour les enseignants et une avalanche de mesures aggravant la vie chère (gel des APL, gel des salaires de la fonction publique, diminution des remboursements de l’assurance maladie sur certaines prestations de soin etc.)
Nous souhaitons aussi questionner les choix de maintien de l’ordre opérés cette journée par la préfecture de la Vienne, qui ont nourri les tensions plutôt que de contribuer à la désescalade. La police nationale était clairement en sous-effectif alors que cette date de mobilisation était connue depuis plus d’un mois. Aux alentours de 16h, les policiers ont tiré des gaz lacrymogènes sans les somations d’usage depuis la place Aristide Briand alors que le cortège était calme et convivial. De nombreux manifestants, y compris ceux venus en famille et ceux qui s’étaient rassemblés autour de la fanfare, se sont retrouvés piégés. Ces choix incompréhensibles ont tendus les relations avec les policiers dont le rôle est essentiel pour maintenir le calme.
Alors, s’il faut choisir son camp, comme nous y invite Sébastien Lecornu dans sa communication, soyez assurés que le nôtre est choisi depuis longtemps : c’est celui des Françaises et des Français, de la démocratie, de la justice sociale et de l’écologie.
