
Conférence transphobe à Poitiers
Cette conférence, présentée par le psychanalyste Thierry Florentin de l’Association Lacanienne Internationale, s’inscrit activement dans la pathologisation des personnes trans. À cette époque, le « transsexualisme », tout comme l’homosexualité, était classé dans les « déviations et troubles sexuels », aux côtés de la zoophilie et de la pédocriminalité. En acceptant d’accueillir cette conférence, le C.H.L. démontre que psychiatrie et psychanalyse restent main dans la main pour imposer leur regard pathologisant en vue de contrôler et discipliner les corps trans. Surtout quand Poitiers reste un des derniers bastion de la psychanalyse dont la pratique imprègne le corps médical et enseignant poitevin.
Au-delà de la question des termes mobilisés, la psychanalyse a déjà eu l’occasion de faire la démonstration de sa transphobie. En 2024, le Sénat a adopté le projet de loi visant à interdire les transitions des mineurs. Le texte, co-écrit par des psychanalystes de l’association anti-trans l’Observatoire de la Petite Sirène et repris par le groupe LR, a participé à la diffusion de paniques morales contre les femmes et les jeunes trans.
Pour rappel l’ALI est une association plaçant le débat autour de la transidentité comme un sujet important sans connaître les réalités matérielles des personnes trans et les percevant seulement comme un sujet d’étude et comparant la transidentité à une épidémie d’hystérie trans.
Dans un contexte politique où la montée des violences fascistes accompagne les violences transphobes, lesquelles précarisent et poussent des personnes trans au suicide, il est révoltant de voir l’institution psychiatrique essayer de réaffirmer son pouvoir dans la normalisation des corps perçus comme « déviants » au sein de l’ordre cis-hétéro-patriarcal.
Le coût d’entrée minimum accentue d’autant plus l’inégalité d’accès à la conférence des personnes précaires dont les personnes trans. Une conférence tenue sans aucune personne trans invitée, posant encore la question de l’utilité de la psychanalyse dans les parcours trans en 2026 alors que cette question n’est plus d’actualité depuis longtemps montrent que les personnes trans ne sont ni entendues ni écoutées par le système médical.
Permettre la tenue de cette conférence, c’est accorder du sérieux à des discours et des pratiques qui représentent un danger pour les personnes trans. Surtout quand cette communauté est en grande partie dépendante du système médical.
Permettre la tenue de cette conférence, c’est participer à discréditer et rendre inaudible les savoirs trans.
Permettre la tenue de cette conférence, c’est nier l’autonomie corporelle et le droit à l’autodétermination des personnes trans.
L’inclusion des personnes trans dans la société ne peut pas et ne doit pas passer par la grille de lecture de l’institution psychiatrique.
L’institution psychiatrique n’a pas à dicter la vie des personnes trans.
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