
L. Belluco. Municipales 2026 : l’heure du bilan
Au lendemain des élections municipales, l’heure est au bilan. À Poitiers, ville ancrée à gauche depuis une cinquantaine d’année, c’est un ex-macroniste qui l’a emporté.
Mise à jour le 27/03/2026 : Je tiens bien évidemment avant toute chose à féliciter les maires élus et réélus. Je leur souhaite pleine réussite pour leur nouveau mandat, au plus près de nos concitoyennes et de nos concitoyens et au service de l’intérêt général.
Si, sur la forme, Anthony Brottier a bel et bien quitté le parti du président de la République, il se comporte toujours, dans le fond, comme un pur macroniste. Laissant planer le doute sur son positionnement sur l’échiquier politique, il se prétend issu du camp social-démocrate, mais propose un programme et une liste ancrés à droite. Les électeur·ices de droite ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, puisqu’entre les deux tours, ce sont les voix de la droite et du RN qui se sont massivement reportées sur lui. Il a également bénéficié des voix du candidat socialiste qui s’est retiré au dernier moment en refusant de soutenir la liste d’union de la gauche.
Léonore Moncond’huy et la démarche citoyenne Poitiers Collectif n’ont malheureusement pas réussi à transformer l’essai et à poursuivre avec un 2ème mandat. En tant que députée écologiste, mais surtout, femme de gauche, je le regrette. Depuis dimanche, je me questionne sur les causes de cette défaite. Peut-être est-ce naïf de ma part, mais je ne crois pas que ce soient les politiques menées ces 6 dernières années par la majorité écologiste qui ont provoqué une sanction de l’électorat. Je crains en revanche que la stratégie choisie pour cette campagne n’ait pas été payante. De mon point de vue « national », je suis convaincue qu’une alliance plus large et construite en amont avec les partis de gauche, en soutien de la démarche citoyenne, aurait pu créer une dynamique porteuse.
Dans un an, nous aurons à choisir un nouveau président de la République. Et celui-ci – ou celle-ci ! – utilisera vraisemblablement son droit de dissoudre l’Assemblée Nationale, pour reconstituer une chambre basse au garde-à-vous. S’il est toujours périlleux de tirer des conclusions nationales d’élections locales, les résultats de ces municipales doivent sonner comme un avertissement.
Au-delà de la question stratégique et de la nécessaire analyse des causes de la défaite, je tire une conclusion de cette élection : le clivage gauche-droite s’est clairement redessiné, à Poitiers comme ailleurs en France. Et si nous, la gauche et les écologistes, voulons reconquérir le cœur du peuple de gauche, nous ne pouvons plus nous amuser à souffler sur les braises du récit des deux gauches irréconciliables. Chacun à gauche doit faire son examen de conscience et assumer sa part de responsabilité dans la situation. Se jeter des noms d’oiseaux à longueur de semaines pour in fine faire une alliance de dernière minute ne fait que renforcer l’illisibilité des stratégies et des lignes politiques. Si je suis convaincue que nous devons assumer nos différences, je crois que nous devons le faire en nous respectant, sans insulter l’avenir. Ne nous trompons pas d’ennemi : demain, nous devrons choisir entre la gauche et l’extrême-droite. Et nous n’aurons plus le loisir de faire le tri entre les « gentils » et les « méchants » à gauche. Peuple de gauche, ressaisissons-nous !
Le clivage gauche-droite s’est clairement redessiné, à Poitiers comme ailleurs en France.
Et si nous, la gauche et les écologistes, voulons reconquérir le cœur du peuple de gauche, nous ne pouvons plus nous amuser à souffler sur les braises du récit des deux gauches irréconciliables.
Lisa Belluco, députée écologiste de la Vienne
