
Sainte-Soline : Madame Barbut, serez-vous la ministre de la Transition écologique qui sacrifiera l’Outarde canepetière pour sauver une bassine illégale ?
Le Conseil national de la protection de la nature (CNPN) vient de rendre un nouvel avis défavorable à la dérogation « espèces protégées » demandée pour quatre des seize bassines du projet de la Sèvre niortaise et du Mignon, dont celle de Sainte-Soline.
En effet, l’Outarde canepetière, espèce protégée et menacée d’extinction, fait partie des espèces directement concernées.
Dans son article du 19 août, Le Courrier de l’Ouest rapporte que les critiques du CNPN portent notamment sur :
- « la démonstration de l’absence de solutions alternatives satisfaisantes à la sécurisation»,
- « la pérennité dans le temps du dispositif »,
- « l’analyse de l’effet repoussoir de la réserve sur l’outarde » et
- « le gain écologique apporté par certaines mesures de compensation ».
Autrement dit, les experts continuent de mettre sérieusement en doute la pertinence et les impacts écologiques du projet !
Certes, cet avis du CNPN n’est pas juridiquement contraignant et ne bloque pas la procédure de régularisation. Mais il devrait être particulièrement difficile pour le Ministère de la Transition Ecologique et sa ministre Mme Barbut, de faire comme s’il n’existait pas !
La situation est déjà révoltante. Pour rappel, la bassine de Sainte-Soline a été construite sans avoir obtenu au préalable la dérogation « espèces protégées » nécessaire pour pouvoir légalement porter atteinte aux espèces et à leurs habitats. Autrement dit, ils ont donc construit d’abord et ils demandent la régularisation ensuite…
Or, c’est précisément l’enjeu de l’outarde canepetière qui a conduit la justice à annuler l’autorisation de la bassine de Sainte-Soline le 18 décembre 2024, ainsi que celles des projets de Messé, Mougon et Saint-Sauvant.
Et aujourd’hui, le Ministère de la Transition Écologique pourrait malgré tout décider de passer outre le nouvel avis défavorable du CNPN, malgré toutes les critiques émises, et régulariser l’ouvrage après coup.
Madame Barbut, ne soyez pas la ministre de la transition écologique qui se moquera de l’avis des experts et sacrifiera une espèce protégée pour régulariser une bassine construite illégalement.
Ce serait un signal désastreux pour la protection de la biodiversité.
Car si l’on peut construire sans l’autorisation nécessaire, détruire ou dégrader des habitats d’espèces protégées, puis demander ensuite à l’administration de régulariser la situation, à quoi servent les règles de protection de la nature ?
Madame Barbut, vous déclariez vous-même devant le Sénat que la loi Duplomb allait trop loin, notamment sur son volet consacré à l’eau. Il est possible aujourd’hui de joindre les actes aux paroles.
Allez-vous défendre la protection de l’environnement et des espèces protégées, ou allez-vous accepter que l’on détricote progressivement le droit de l’environnement pour satisfaire les intérêts de quelques irrigants ?
L’article du Courrier de l’ouest du 19/08/26 est à retrouver ici :
