À l’initiative de Greenpeace Poitiers, un collectif de 8 associations locales (Greenpeace, LPO, Extinction Rébellion, Terres de Lien, Cancer Colère 86, Les Coquelicots de Châtellerault, Les Urbaculteurs, ACEVE), les candidat.es aux municipales ont confronté leurs programmes sur l’écologie, la santé et la résilience lors d’un débat public le 10 mars à la salle Timbaud devant un public important. Si l’urgence climatique fait consensus, les leviers d’action dessinent des fractures majeures entre les listes.
Des positions tranchées et des absences remarquées
Le collectif souligne le bon niveau de connaissances des candidats présents sur ces enjeux, avec de vraies ambitions, en s’appuyant sur le travail déjà amorcé par l’équipe actuelle. Les listes ont des priorités et des propositions différentes mais l’écologie restera inévitablement un enjeu phare de la politique à Poitiers. Ces enjeux sont essentiels pour les habitants, car ils conditionnent directement leur cadre de vie.
Des décalages :
- Anthony Brottier (absent) : Son absence a été perçue par le public comme un désintérêt pour les enjeux écologiques. Ses positions écrites le maintiennent en défenseur du modèle agricole actuel et des réserves d’eau.
- Ludovic Gaillard, Lutte Ouvrière (représenté par François Barère) : Bien que présent, le candidat n’a proposé aucune mesure locale concrète, se limitant à une dénonciation globale du capitalisme.
Eau et Agriculture : La gestion de la ressource divise les candidats :
- L. Moncond’huy & B. Geay : Prônent une tarification progressive, la gratuité des premiers volumes et une opposition ferme aux « bassines ».
- L. Parnaudeau & F. Blanchard : Privilégient l’efficacité technique via des retenues collinaires (Parnaudeau) ou une restructuration des captages (Blanchard).
Risques nucléaires et protection des populations : Le débat a révélé une fracture sur les positionnements :
- Sortie du nucléaire : Position affirmée par L. Moncond’huy et B. Geay.
- Protection immédiate : L. Parnaudeau envisage la création d’un stock municipal de pastilles d’iode.
- Anthony Brottier ne s’engage pas sur ce sujet. Il propose un travail partenarial avec les acteurs existants (EDF, État, ASNR).
Une co-organisatrice de l’association ACEVE rappelle : « le plan ORSEC-iode (paru en 2013, remanié en 2017, en phase de révision en 2024-25) doit être intégré dans le Plan communal de sauvegarde par les mairies. L’approvisionnement et la distribution des pastilles d’iode dans le cas d’un accident nucléaire est particulièrement complexe et difficile à mettre en œuvre concrètement ».
Le collectif note que ce sujet reste un point très mal connu par certains candidats et par le public, et nécessite une information massive de la population.
Transports et Énergie : Les candidats s’accordent à la nécessaire transition énergétique des écoles.
B Geay propose un permis de louer (contrôle municipal avant location pour éviter les logements insalubres ou passoires thermiques), ou encore le réseau de chaleur de L. Moncond’huy (une solution collective à grande échelle par l’interconnexion des réseaux de chaleur urbains).
Les Bus : Gratuité vs Fréquence
- L. Parnaudeau propose la gratuité totale.
- L. Moncond’huy propose une gratuité ciblée (le dimanche, pour les jeunes) mais mise surtout sur la fréquence et la restructuration des lignes.
- F. Blanchard mise sur le Tram-bus (Bus à Haut Niveau de Service), privilégiant la vitesse et la ponctualité sur des axes structurants.
- B Geay propose la solution du trolley-bus et la gratuité du bus le mercredi après-midi.
Le Vélo : Matériel vs Aménagement
- L. Parnaudeau préfère acheter massivement des vélos électriques plutôt que de construire de nouvelles pistes cyclables coûteuses.
- Le réseau express : L. Moncond’huy propose le « Picta’Rev », un réseau cyclable continu et sécurisé.
- La cohabitation : F. Blanchard insiste sur la signalétique et la fin de l’opposition entre les usagers de la route.
- B Geay propose de faciliter l’accès aux vélos électriques et de développer des ateliers de réparation associative dans chaque quartier.
Éthique : Une démocratie à plusieurs visages
Pour garantir la transparence, les candidats s’opposent sur les outils : la charte ANTICOR (association de lutte contre la corruption des élus) pour B Geay, le préférendum pour Moncond’huy, et les experts-citoyens tirés au sort pour Blanchard. Le collectif note que ces enjeux de démocratie participative apparaissent peu dans les réponses écrites d’Anthony Brottier. Pour L Parnaudeau, la démocratie participative ne doit pas être une « usine à gaz » de réunions. Elle prône une démocratie de « protection et d’information »
« Leonore Montcond’huy propose des mesures dans la continuité de son programme. Bertrand Geay n’a pas les mêmes priorités, mais il semble toujours globalement d’accord avec ses interventions. On a l’impression de voir les deux faces d’une même pièce, les enjeux écologiques et les enjeux sociaux, exprime un des co-organisateurs. Les candidats de droite ou centre droit ont aussi répondu à nos engagements écologiques : François Blanchard se positionne sur des problématiques organisationnelles (restructurer la ville sur le PLU par exemple). Lucile Parnaudeau a plutôt une approche analytique et ses mesures sont plus positionnées sur le versant économique ».
Le mot du Collectif : « Nous avons assisté à un moment de démocratie riche. Nous nous engageons à suivre la mise en œuvre réelle de ces promesses après le 22 mars. Merci aux candidats et au public attentif. Nous vous souhaitons un bon vote.
Le collectif interassociatif pour les municipales 2026 de Poitiers
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