Au soir du 13 juin dernier, j’ai entendu à la radio vos propos recueillis à la fin du meeting de « Place publique », au Docks de Paris, au cours duquel son leader R. Glucksmann se proposait de « ramener la gauche au pouvoir en France ». Ce soir-là vous vous sentiez vraisemblablement de gauche, terme que vous n’utilisiez plus beaucoup depuis que vous étiez devenu macroniste ; mais pas n’importe quelle gauche, puisque vous fustigiez allègrement la France insoumise en la qualifiant d’extrême gauche, avec laquelle aucun accord ne devait être envisagé.
Comme n’importe quel politicien de droite, vous utilisez ce qualificatif de façon erronée puisqu’il concerne le partis révolutionnaires comme le NPA, Lutte Ouvrière…. mais pas LFI !
J’ai cherché à en savoir plus sur ce petit parti social-démocrate, notamment en ce qui concerne les personnalités qui le composent et le soutiennent de près ou de loin.
J’ai noté (dans le désordre) les noms des personnes plus ou moins célèbres telles que :
– des ancien.nes ministres : M. Touraine, A. Philipetti et A. Rousseau,
– des anciens députés : JM Clément, D. Assouline,
– 1 sénateur écolo : Y Jadot,
– la présidente de la région Occitanie : C. Delga,
– B. Kouchner, A. Buzin, A. Sinclair….
Il paraît même que votre mouvement serait soutenu par Hollande et Borne (cela ne va pas vous aider !)
Bien entendu, vous-même figurez en bonne place dans le dispositif du parti plus ou moins allié du PS, de « Nouvelle donne » et du « Parti radical de gauche ».
Franchement, comme dit l’autre : « quand on a une gauche comme celle-là, on n’ a pas besoin de droite ! »
Après avoir commencé au PS, avoir participé à la création des Jeunesses Avec Macron, puis d’En marche, adhéré successivement à LREM, à Renaissance, puis avoir quitté la macronie, d’avoir essayé de créer, sans succès, un mouvement social-démocrate, vous rejoignez Place publique, apparentée au PS…. étonnant non ?
Ouf ! J’avais craint un moment que vous ne deveniez de gauche !
Pour en avoir le cœur net, j’ai assisté le 6 juillet dernier à votre dernière réunion « Apéro-bilan » à Mignaloux où vous vous êtes adressé à une bonne cinquantaine de partisans, acquis à votre cause à 99%.
Près d’un panneau jaune reprenant les principaux axes du parti PP : « Écologie / Solidarité / Féminisme / Démocratie / Europe » vous avez évoqué tour à tour un certain nombre de thèmes qui vous sont sans doute familiers, tels qu’entre autres :
– la sécurité et la tranquillité publique, avec la mise en place de 10 gendarmes supplémentaires à Fontaine le Comte avant la construction d’une nouvelle gendarmerie,
– l’installation de nouveaux médecins et de nouveaux dentistes, et la création de la Maison des femmes,
– le contournement de Poitiers, qui va devenir d’intérêt communautaire, vieux serpent de mer que beaucoup d’entre nous ne verront jamais,
– les recettes fiscales qui doivent permettre de financer l’amélioration de la vie des citoyennes et de citoyens et ceci sans toucher aux revenus de la classe dominante et sans taxer les plus riches ; d’ailleurs vous n’avez pas véritablement parlé de justice ni de réforme fiscales…
À ma question relative à la manière de lutter contre la fraude fiscale, véritable fléau qui prive les citoyennes et les citoyens de 100 milliards de recettes chaque année, je n’ai pas vraiment compris votre réponse plus ou moins évasive : il est vrai que je ne maîtrise pas bien la « langue de bois ».
J’ai eu l’impression pendant la durée de la réunion que j’écoutais un ancien député de droite, dépité par la macronie finissante qui essayait de se raccrocher à un nouveau parti du même acabit, sans rupture avec la droite éternelle qui gouverne la France depuis des temps immémoriaux ; mais j’ai dû m’égarer puisque je semblais être le seul à ne pas vous applaudir.
En tout cas, des participants m’ont dit le lendemain que votre apéro était fort bien réussi et c’est bien là l’essentiel.
Ceci dit, je vous souhaite bon courage d’ici à la fin de votre mandat, en attendant le départ du sinistre roi de France, de sa cour et de ses semblables…
A très bientôt.
Bien cordialement.
Jean-Pierre BUJEAU

