Le 4 juin le collectif Latino-américain de Poitiers (colap) organisait une soirée sur la situation actuelle à Cuba avec María Isabel Bardina Torres (chercheuse en sciences pédagogiques à Cuba).
Nous profitons de cet événement pour vous donner sur la situation actuelle à Cuba quelques informations qui n’engagent que nous.
Cuba ne reçoit plus aucun combustible d’aucun pays au monde à cause du blocus renforcé par Trump.
Il n’existe donc plus aucun vol direct depuis l’Europe. Il ne reste plus que deux petites compagnies d’aviation qui assurent encore des vols vers Cuba.
Il existe du pétrole à Cuba mais il est beaucoup trop soufré et il endommage les raffineries locales.
Actuellement les banques refusent dans le monde entier de transférer l’argent des immigré-es vers Cuba afin de ne pas subir de mesure de rétorsion de l’administration Trump. La population en un an a vu deux millions d’adultes émigrer malgré la répression des immigrés, y compris cubains, aux États Unis. Il est courant de voir actuellement des familles composées des seuls grands-parents et des petits-enfants.
Les plus grandes compagnies hôtelières étrangères à Cuba – elles sont espagnoles – ont dû couper tout lien avec l’île sous pression états-unienne.
Le manque de tout combustible fait qu’au maximum il y a une heure de courant par jour dans tout Cuba, parfois rien. Cela se traduit au quotidien ainsi :
– il n’y a plus du tout de tourisme car plus de vol et car les hôtels n’ont plus d’électricité. Par conséquent il n’y a plus aucune rentrée de devises étrangères
– les pompes à eau potables ne marchent plus : les cubain-es doivent creuser des puits car iels n’ont d’eau potable que deux fois par semaine
– aucun transport ne fonctionne plus donc on ne peut aller au travail, la nourriture n’est plus distribuées : tou-tes les cubain-es se sont mis à cultiver un potager mais il y a très peu de graines et pas du tout d’engrais.
– Seules de rares zones de wifi existent encore, organisées par le gouvernement, l’accès à internet n’est plus possible par manque de courant.
– on cuit ses aliments avec du mauvais charbon de bois, seul combustible accessible.
– la population ne mange plus à sa faim
– on trouve de plus en plus de personnes qui sont à la rue et d’enfants qui mendient.
– Un bon salaire c’est quelques milliers de pesos mais un pain coûte 150 pesos.
Cuba était fière de ses activités culturelles, de son école et de son système de santé. Aujourd’hui l’école reste encore obligatoire et gratuite mais par exemple les médecins font des gardes en continu parfois de 5 jours d’affilés.
Comment font-iels face ?
Dans le modèle cubain, tout l’argent passe par l’État qui ensuite redistribue. Actuellement l’État est exsangue et l’argent ne circule qu’entre particuliers dans le marché noir.
Les organisations traditionnelles (syndicats, parti, association de femmes, CDR) ont changé de mission et maintenant cherchent à organiser la survie. Par exemple dans un quartier une maison vide est réquisitionnée et sert de cantine pour les personnes à la rue et de lieu de dons ou de troc.
Certes il y a pire que la situation actuelle à Cuba (Gaza, Haïti…) mais c’est un peuple qui avait recouvert sa souveraineté et sa dignité dans les années 60 et qui est extrêmement éduquée.
Cuba n’est qu’à 400 km des États Unis mais l’impérialisme états-unien n’a jamais accepté l’indépendance de l’île.
On peut craindre actuellement que Trump, embourbé dans le détroit d’Ormuz, cherche une victoire pour cacher sa défaite en envahissant Cuba. Un porte-avion se trouve déjà au large des côtes cubaines.
Dans le vienne il existe une campagne de solidarité avec Cuba : https://web86.info/events/event/une-campagne-de-solidarite-pour-cuba-dans-la-vienne
P.C.

