Déclaration de la CGT-SDIS au Conseil d’Administration du SDIS (Service Départemental d’Incendie et de Secours)

« À l’occasion de cette première séance qui fait suite aux récentes élections, nous souhaitons la bienvenue aux nouveaux représentants de nos communes et de nos Établissements Publics de Coopération Intercommunale (EPCI).

Cette déclaration a toutefois pour objectif de vous confronter immédiatement à la réalité de notre établissement public.

Il est essentiel que vous sachiez dès aujourd’hui que vous n’intégrez pas une instance de gestion ordinaire. Vous prenez vos fonctions au sein d’un service public de secours et d’incendie qui traverse une crise profonde, que les personnels vivent et dénoncent quotidiennement. En siégeant dans cette assemblée, votre responsabilité administrative, morale et, potentiellement, juridique est directement engagée.

Face à des épisodes climatiques toujours plus précoces et plus violents, face au vieillissement de la population et à l’augmentation constante des besoins de secours, nos équipes interviennent davantage et dans des situations toujours plus complexes. De la multitude des missions de secours d’urgence aux personnes, des opérations de secours routiers aux feux d’espaces naturels, en passant par les risques technologiques ou les interventions spécialisées, les sapeurs-pompiers sont fortement sollicités. Les gardes de sapeurs-pompiers volontaires, aussi indispensables soient-elles, ne peuvent à elles seules compenser l’insuffisance des effectifs professionnels nécessaires à la continuité du service public.

Pourtant, notre potentiel opérationnel journalier n’est plus à la hauteur des enjeux. Les effectifs sont en tension permanente, les arrêts de travail se multiplient et nous ne sommes plus en mesure d’assurer l’ensemble de nos missions dans des conditions sereines et sécurisées. Cette tension concerne l’ensemble de notre établissement, qu’il s’agisse des services opérationnels ou administratifs.

Il ne s’agit pas ici de projections statistiques ou de scénarios hypothétiques. La réalité est déjà là.

Début mai, lors de l’incendie d’un appartement à Châtellerault, les moyens humains disponibles sur l’agglomération étaient insuffisants. Si deux enfants sont aujourd’hui en vie, c’est uniquement grâce à la présence fortuite de deux sapeurs-pompiers, en repos, qui se sont retrouvés sur les lieux et ont procédé à leur sauvetage. L’engagement exceptionnel de nos collègues ne peut plus masquer les défaillances structurelles que nous dénonçons depuis des années.Ces situations de fonctionnement en mode dégradé ne doivent pas devenir la norme, au détriment de la sécurité de nos concitoyens comme de celle des intervenants.

Nous faisons quotidiennement face à des départs en sous-effectif, à des personnels ne disposant pas toujours de l’ensemble des compétences réglementaires requises, à des temps de repos de sécurité non respectés et à des rappels de personnels devenus la norme.

La question est désormais simple : qu’attendons-nous pour agir ? Un accident grave ? Un drame humain ?
Un service public aussi essentiel que le nôtre ne peut pas reposer sur la chance, le hasard ou le seul dévouement de ses agents.

C’est pourquoi, Monsieur le Président, nous nous tournons solennellement vers vous. Vous aviez déclaré que si les moyens budgétaires nécessaires au bon fonctionnement de notre établissement n’étaient pas réunis, vous en tireriez les conséquences en « rendant les clés de l’établissement ».

À l’aube de la période estivale, alors que l’insuffisance des ressources est manifeste et que les risques ne cessent de croître, nous souhaitons connaître officiellement votre position ainsi que celle de nos financeurs, et en particulier celle du Conseil départemental de la Vienne.

Les personnels du SDIS de la Vienne attendent désormais des décisions concrètes et des engagements à la hauteur des enjeux et des responsabilités qui nous incombent collectivement. »

CA du 25/06/2026 adressée au Président du CA, au Préfet et aux membres du Conseil d’Administration,

Rédaction

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