Aujourd’hui, ils font quoi les Oiseaux pour aider?

Les oiseaux ne sont pas restés les pattes croisées. Leur coopérative suspend tous les abonnements jusqu’au printemps 2021. Comme ça leurs communautés peuvent continuer à partager leurs hospitalités et histoires sur la plateforme et de nouvelles personnes peuvent venir faire de même gratuitement. C’est leur engagement pour favoriser les circuits courts et la reprise de celles et ceux qui proposent l’hospitalité d’humain à humain.

C’est compliqué pour y être ?

D’abord, il faut avoir envie de privilégier la qualité, l’hospitalité et la coopération. C’est leur trois engagements. Ensuite, un simple contact mail ou formulaire et ils reviennent vers toi. En plus, Lola et Clément t’accompagneront pour gagner du temps. 

Et pour demain, ils changent quoi ?

Vu que numérique et le voyage soulèvent plein de questions pour notre avenir, ils se transforment en coopérative de recherche-action. Par exemple, comment passer de l’intermédiation numérique à la facilitation numérique? De l’intelligence artificielle à l’intelligence coopérative? L’enjeu est que le numérique facilite nos relations humaines au lieu de s’y substituer. Quoi de mieux que le voyage et l’hospitalité pour cela !

C’est quoi un numérique qui nous ferait entrer en relation? 

Le oiseaux ont décidé de dénumériser leur plateforme de voyage pour faciliter les relations humaines avant, pendant et après le voyage. Pour voyager, avons nous besoin qu’une plateforme s’interpose entre nous et nos hôtes ? N’est-il pas préférable de nous parler, nous présenter, nous raconter et de pouvoir discuter ? Le numérique peut faciliter nos recherches, l’inspiration, le partage d’infos et l’échange. 

Concrètement, comment on dénumérise?

Leur code devient open source. Des développeurs et leurs communautés locales vont pouvoir inventer de nouvelles fonctionnalités et corriger les bugs. Ils inventent actuellement un système de paiement relationnel qui va offrir une multitude de modalités d’échange : gré à gré, monnaies locales, échange de services inter entreprises, aides au départ et paiement en direct. Coté voyage, ils développent leur nouvelle fonctionnalité de fabrique de voyage pour que nous puissions construire ensemble nos voyages. Et surtout, ils vont tout simplifier ! Au revoir la liste interminable de paramètres et les technologies ultra-complexes. Ils ont décidé de faire simple, efficace et du contact direct.

Et ils ont les moyens de le faire?

Ils sont la deuxième coopérative d’intérêt collectif à être reconnue comme jeune entreprise innovante et ils ont déjà conventionné avec un laboratoire d’anthropologie ainsi qu’un programme de recherche sur les plateformes numériques. Un doctorant est salarié à plein temps depuis une année. Ils partagent les résultats de leurs travaux dans des articles scientifiques.

Ils sont crédibles? 

Ils viennent de tester une mise en ligne de leur plateforme pendant neuf mois et les résultats sont bons. Leur premier exercice en activité est à l’équilibre, 40 communautés sont abonnées à la plateforme et dix sont déjà devenues sociétaires. Ils ont obtenu des prix, des financements pour la recherche, des prêts bancaires garantis et de bons retours usagers. Ils préparent un catalogue de voyages chez leurs communautés avec l’agence Ekitour.

Tous va bien alors?

Comme pour nous tous aujourd’hui, leur situation est fragile. La version bêta de leur plateforme gagnerait à s’améliorer maintenant qu’ils dépassent le millier d’offres et leur statut de coopérative freine les investisseurs. Ce n’est pas aisé de mener de front une activité de recherche, un projet numérique innovant et un engagement fort sur les droits humains. 

Ils ont personne pour les aider ?

Ils ont avec eux tous les oiseaux de passage qui font ce qu’ils peuvent là où ils sont : transmettre le contact d’une personne intéressée, en parler autours de soi, faire un don, écrire un article, corriger un bug, prendre une part sociale, offrir une compétence particulière. Leur plateforme n’a pas été créée dans un garage mais lors d’une soirée sous un arbre à Marseille où chacun.e a apporté sa pierre. Et ça continue depuis cinq ans. Tu peux y apporter la tienne. Ils n’y arriveront que collectivement.

Et si je veux en savoir plus ou les contacter?

Leur plateforme est en ligne. Les récits des communautés permettent d’ailleurs de voyager de chez soi. Ils ont aussi un blog et sont présents sur FacebookInstagram et Twitter. Un groupe facebook réunit les volontaires. Leur mail c’est contact@lesoiseauxdepassage.coop 

Question bonus : Pourquoi il n’y a pas le mot tourisme dans cet entretien? 

Depuis leur rencontre sous l’arbre, ils ne changent pas d’idée. Le tourisme c’est pas de l’hospitalité. Il a été industrialisé il y a un siècle et n’est plus performant pour voyager. Ses catégories, standards et modèles économiques datent d’avant la crise environnementale et politique. Sa seule performance était économique et le covid vient de lui enlever. Ce serait comme s’obstiner à actualiser le modèle de la voiture individuelle quand ont doit se préparer aux voyages en mobilités douces. Fini les visas tourisme, les chambres standards et la tarification dynamique. Vive la libre circulation des personnes, l’hospitalité et le gré à gré.

Daniel Lodenet

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