EDF a été contrainte d’arrêter pour des raisons techniques ses 4 réacteurs de Civaux et de Chooz, les plus puissants du monde en service en ce moment. En théorie les EPR sont plus puissants, mais aucun ne fonctionne : en Chine, ils ont été stoppés pour cause de vibrations anormalement élevées dans leur cuve, et en Finlande la mise en route de l’EPR est conditionnée à la résolution du problème des vibrations dans le pressuriseur.

Sur les 56 réacteurs de notre parc, 40 produisent actuellement du courant et 16 sont en maintenance. L’énergie nucléaire se révèle capricieuse, difficile à gérer, en plus de ses tares fondamentales : chère, dangereuse et polluante.

Conséquence immédiate, hier le cours de l’action d’EDF a plongé de 15%. Le cours est à l’étiage ; Boursorama conseille d’acheter !

Mais que se passe-t-il ?

De source EDF, ASN (autorité de sûreté nucléaire), IRSN (institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), on sait que :

Sur la tranche n°1 de Civaux, en visite décennale, les inspections de routine aux ultra-sons ont révélé la présence de fissures sur des soudures de coudes. Il s’agit de tuyaux de refroidissement connectés au circuit primaire. En cas de rupture, une brèche pourrait se produire et provoquer un manque de refroidissement du cœur…et au pire un accident majeur. Pour pallier ce dysfonctionnement, EDF entreprend le remplacement de 4 coudes, ce qui va repousser le redémarrage de la tranche à fin avril 22.

Sur la tranche n°2 de Civaux, inspectée en urgence, les mêmes défauts sont apparus. Le cœur du réacteur a été déchargé pour permettre le dépannage qui doit se terminer fin mars 22.

La centrale de Chooz vient d’être stoppée pour vérifier les mêmes soudures. On saura prochainement si le défaut est véritablement générique.

Pourquoi des fissures sur ces soudures spécifiques ?

D’après l’analyse, un phénomène de « corrosion sous contrainte » pourrait être la cause de la dégradation du métal. Mais la portion de circuit en cause n’est pas soumise à une corrosion particulièrement élevée ni à des contraintes mécaniques différentes des autres parties des circuits. Cette explication n’est pas très convaincante : si c’était le cas, l’ensemble des circuits du fluide primaire serait affecté. Il faut donc qu’il y ait d’autres causes à l’apparition des fissures à cet endroit précis. L’analyse est encore en cours, elle en dira plus quand les examens de Chooz seront terminés.

En attendant, on se souvient qu’en 1998, six mois après sa mise en service, la tranche 1 de Civaux avait subi une brèche dans son circuit primaire qui avait imposée la modification du cheminement du tuyau pour supprimer le coude défaillant et pallier ce vice de conception.

On peut aussi se demander si des vibrations pourraient être à l’origine des fissures. (?)

Les vibrations parasites ressenties dans les EPR en Chine et en Finlande font planer un doute sur le fonctionnement réel de nos 4 derniers réacteurs construits.

Les zones d’ombre de cette affaire de fissures

Les informations données à ce jour laissent un flou sur un certain nombre de points:

  • combien y a-t-il à Civaux de coudes affectés par les fissures ?
  • combien de soudures sont-elles fissurées ? Une ou deux par coude ?
  • combien y a-t-il de fissures hors tolérances ?
  • quelles sont les tolérances (en dimensions) sur les fissures de ces soudures ?
  • ces défauts sont-ils le fait des soudures ou bien des coudes ?

Ce questionnement est indispensable pour évaluer la gravité de l’incident avec justesse et son impact sur la sûreté des installations. Il a été soumis à EDF. On attend les réponses avec impatience et intérêt.

Jacques Terracher, le 18/12/21

Rédaction

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