Nous publions avec retard (et avec nos excuses) le vœu porté par les élus du groupe communiste, écologique et citoyen en séance plénière de ce lundi 7 février du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine. Il a pour objet d’appeler l’État à se mobiliser pour la sauvegarde de la fonderie d’Ingrandes-sur-Vienne. Ce vœu a été voté à l’unanimité, le groupe Centre & Indépendants (MoDem) n’ayant pas pris part au vote.

« La fonderie Aluminium d’Ingrandes-sur-Vienne (86), qui fabrique des culasses pour le groupe Renault, est menacée par la suppression de plus de 300 emplois directs (285 CDI et 45 intérims), sans compter les emplois indirects qui sont concernés dans le bassin du Châtelleraudais. Une telle menace s’ajoute à de nombreuses autres restructurations en cours dans la filière automobile française, comme à Viviez dans l’Aveyron, à Diors dans l’Indre, à Saint-Claude dans le Jura ou encore à Caudan dans le Morbihan. Dans chacune de ces fonderies, le même constat est fait : ce sont les donneurs d’ordre Renault et Stellantis qui coupent le robinet des commandes pour délocaliser les productions en Turquie, en Roumanie ou au Maroc.

Au lendemain de la COP 26, l’Etat a choisi de laisser les groupes donneurs d’ordre de la filière automobile Renault et Stellantis, dont il est actionnaire principal, délocaliser leurs productions afin de maintenir la rentabilité boursière au mépris des enjeux sociaux et environnementaux. Au mépris des salariés et de leur savoir-faire, à contre-courant des exigences écologiques qui induisent l’essor des circuits courts, les grands groupes industriels refusent encore à ce jour de passer commande dans le bassin d’emploi. Il s’agit avant tout pour eux d’exploiter le travail humain dans des pays dits « à bas coûts », en y délocalisant autant les emplois que leur empreinte carbone.

Au regard des enjeux et des dangers évoqués, à contre-courant des impératifs de relocalisation et de revitalisation de nos territoires, un tel laisser-faire induirait un désastre que nous ne pouvons accepter.

Aujourd’hui, à défaut d’une volonté politique forte de l’Etat qui obligerait le constructeur Renault à maintenir un volume suffisant de commande le temps de trouver un repreneur et de diversifier l’activité, le devenir de la fonderie Aluminium d’Ingrandes est dans l’impasse. Afin de trouver un repreneur il est nécessaire que le donneur d’ordre s’engage, afin d’offrir des perspectives pour les trois années à venir. Un tel délai est nécessaire pour investir et diversifier la production, comme le proposent les organisations syndicales.

Considérant que la Région Nouvelle-Aquitaine exerce des compétences de premier plan en matière de développement économique, et considérant sa volonté affirmée de réindustrialiser et de relocaliser l’activité sur ses territoires, elle demande au gouvernement d’assumer ses responsabilités en faveur des enjeux économiques, sociaux, environnementaux, d’aménagement du territoire et de souveraineté nationale. Les fonds publics dont a déjà largement bénéficié Renault doivent être réorientés vers le maintien et le développement d’une industrie modernisée soucieuse des salariés et des territoires. La Région Nouvelle-Aquitaine demande que l’Etat mobilise son pouvoir au sein du groupe Renault, dont il est l’actionnaire principal, pour garantir l’avenir de la Fonderie Aluminium d’Ingrandes-sur-Vienne.« 

Rédaction

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