Quelques chiffres entendus lors du dernier conseil municipal de Chauvigny
(25 juin) :

  • moins 780 000 € de dotations de l’État à la commune dans les 5 dernières années,
  • moins 130 000 €, plus récemment, à cause de la réforme sur la taxe d’habitation,
  • une charge imprévue de 82 000 € consécutive à la « crise sanitaire ».
  • Malgré ça….. une dépense de 214 000 € pour accueillir un départ d’étape du Tour de France !


Le Tour de France, qui reste une fête populaire pour certains (souvenir ? fantasme ?), est à mes yeux une relique caricaturale du vieux monde. Il cristallise une grande partie des travers et monstruosités de notre « civilisation » :

  • ère du spectacle, du loisir et du divertissement généralisé et abrutissant, nous réduisant tous à des enfants
  • production ahurissante de déchets divers – dont ceux balancés, tel des os à des chiens, par la caravane aux spectateurs massés sur les bords des routes – spectateurs qui produisent eux aussi des déchets
  • consommation débridée et inutile de carburant par la caravane et les spectateurs
  • mainmise de Big Pharma sur le sport
  • la compétition érigée comme une valeur primordiale – si on fait sienne cette valeur, on est bien obligé d’admettre que c’est avant tout la compétition des médias, des sponsors …. et des labos pharmaceutiques !
  • règne et omniprésence invasive de la publicité.


Pour en revenir à la dépense locale de 214 000 €, quelle entreprise investirait une telle somme sans avoir l’assurance concrète et chiffrée d’un retour sur investissement ? Il n’est pas possible d’avoir une idée – et encore moins une idée précise – des retombées de cet « évènement exceptionnel » (citation de l’édile local). Dans un film de propagande diffusé aux représentants des associations lors d’une soirée qui leur est dédiée annuellement (soirée repeinte en jaune – celui du maillot, non des Gilets – pour célébrer l’honneur fait à notre commune !), des maires de communes anciennement villes-étapes disaient qu’ils ne savaient pas quelles avaient été réellement les retombées pour leur territoire. Et que le soi-disant « 6 euros gagnés pour 1 €euro investi » se transformait plutôt en 2 pour 1, sans pouvoir le chiffrer de toutes façons.

Unique argument du maire pour justifier la dépense : « le Tour de France est retransmis dans 180 pays, notre commune sera donc vue dans tous ces pays ; on n’aurait pas les moyens d’une telle campagne de promotion touristique. » Puisqu’il le dit….

Mais c’est ignorer l’impact du tourisme de masse en termes de dégâts sur l’environnement, de pollutions, de gaspillage de ressources en carburant (voitures, avions…)….. Miser sur le tourisme pour faire vivre et développer sa commune est aujourd’hui une mauvaise idée.

Avec cette somme – 214 000 € – on aurait pu faire tellement mieux pour l’intérêt général de notre commune, en voyant à moyen et long termes.

Par exemple, puisqu’il est question de vélos et qu’il faut honorer comme il se doit l’inauguration de la place Raymond Poulidor – place uniquement dévolue au stationnement des voitures (paradoxe qui ne dérange personne, enfin personne d’important) – si on allégeait un peu l’empreinte des autos dans notre ville et qu’on installe enfin des pistes cyclables ? Leur installation et entretien reviendrait à 9€ par habitant (chiffre de la FUB), soit pour notre commune 63 000 €.

Il en reste encore ?

La « crise » récente l’a rendu encore plus visible – aux yeux de ceux qui ne voulaient pas voir – nous vivons, sur le plan alimentaire, sous perfusion de la grande distribution (et de sa malbouffe). Pour rendre notre commune résiliente dans ce domaine, regardons les nombreux exemples déjà à l’œuvre depuis longtemps dans notre pays : la mise en place d’une régie maraîchère ou agricole communale coûte entre 60 et 80 000 €.

Il en reste encore ?

Entamons le verdissement du cœur de ville pour en faire un lieu plus zen pour les piétons et les vélos, dé-bitumons les cours d’école ….. tout ça diminuerait les pollutions diverses et amoindrirait l’impact sur les humains des vagues de chaleur à répétition.

Ce genre de mesures demande une réelle conscience des enjeux et urgences de notre temps, vision et anticipation, et courage politique. Non seulement de la part des élus, mais aussi des habitants.

Qu’avons-nous à faire de plus important que de nous soucier de l’endroit où nous vivons, de son présent et de son avenir ?

Le taux d’abstention aux élections est le signe d’un dégoût de la politique politicienne, nous disent les médias. C’est bien plus que ça ! L’absence d’intérêt pour ce qui se passe dans les conseils municipaux est, à mes yeux, une marque d’irresponsabilité des habitants. On attend tout des élus, on se repose sur eux – tout en se donnant de moins en moins la peine d’aller les élire – et on ne se soucie absolument pas de la manière dont ils dépensent l’argent public !!!

Quant aux élus, toutes échelles confondues, à quel pourcentage de refus de participation des électeurs vont-ils enfin remettre en cause la légitimité de leur fonction ?

On est dans une impasse politique. Gaffe !

Au bout de l’impasse, y’a un mur.

À vélo ou en voiture, on fonce dedans.

Marie Mai

Rédaction

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