Ce mercredi 19 décembre, l’IEPOP (l’Institut d’Études Populaires de Poitiers) a organisé au Biblio café une « soirée participative » sur le fameux thème des gilets jaunes.

Après l’excellent article d’Alice Lebreton sur le sujet, voici une autre intervention :

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La rencontre a eu lieu dans un café et nous avons discuté par groupes de 6 ou 8 avant de mettre en commun nos réflexions. Je ne sais pas combien il y avait de « gilets jaunes » mais la plupart des participant-es avait au moins fait un tour sur un carrefour : ils et elles présentaient ça comme une prise de conscience sans retour.

L’originalité de la démarche

Leur méfiance vis à vis des partis, des syndicats et des associations qui ont pignon sur rue, vient de l’emprise des bureaucrates : Ubris, l’insatiable, profite de la concentration de pouvoir créée par les structures. La vigilance s’impose.

Ils ne demandent d’autorisation à personne, refusant que quelques « responsables » répondent pour les autres.

Les modalités d’action sont pragmatiques : le choix des carrefours  répond à un désir de visibilité et d’efficacité maximales, réappropriation de dépenses faites sans notre avis ; le gilet jaune est un signe distinctif visible et possédé par tou-tes.

La réflexion

Pas d’analyse à priori mais pas non plus de réticence à élargir la réflexion à l’écologie et aux mécanismes d’aliénation. C’est ce que nous avons fait. Qui sème le capitalisme récolte des cataclysmes. Tout s’effondre autour de nous par la faute des financiers multinationaux – les plus fanatiques des adorateurs d’Ubris – et leurs exécutant-es : industriel-les, politiques, militaires, policier-es, journalistes, distributeurs et autres complices. L’effondrement est en marche : effondrement des oiseaux, des abeilles, de la qualité de l’eau – privatisée, menace nucléaire, climat détraqué…- et les plus pauvres s’aperçoivent que c’est à leur tour d’être sacrifiés.

La suite

Il y a un Débat National prévu par Macron avec des participant-es tiré-es au sort ( plutôt parmi les « sans opinion » supposé-es vierges des contaminations partisanes) et encadré-es par des pro de l’encadrement. Nous avons déjà eu une simagrée de ce genre au sujet de la LGV : personne n’a compris où étaient passés les arguments du refus !

C’est à la base qu’il convient de prendre ce qu’une « gilet jaune » a appelé « le risque de discuter », y compris avec ceux qu’on pourrait cataloguer d’ « extrême droite ». Les mettre en quarantaine ne les fait pas évoluer vers une meilleure compréhension des forces en présence.

TOU-TES ceux et celles qui se sentent concerné-es doivent pouvoir se réunir dans chaque commune. Déjà plusieurs municipalités ont mis à la disposition des « gilets jaunes » des salles de réunion.

Dans ces réunions par « bassins » décentralisés, on définit les besoins et la meilleure façon de les satisfaire. On doit aussi faire des réunions par thèmes : l’énergie, l’eau, l’alimentation, les déchets, la santé. Il s’agit de rédiger, non pas des « cahiers de doléances » comme ceux qu’on adressait au Roi mais des Cahiers de Prévenances qui marqueront NOTRE prise de pouvoir.

Celles et eux qui réfléchissent depuis longtemps aux sujets pourront faire des « résumés des chapitres précédents » pour faire gagner du temps.

La décision appartiendra à tous. Et nous apprendrons de nos erreurs !

Françoise Chanial

Rédaction

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