Ce mercredi 19 décembre, l’IEPOP (l’Institut d’Études Populaires de Poitiers) a organisé au Biblio café une « soirée participative » sur le fameux thème des gilets jaunes.

Après l’excellent article d’Alice Lebreton sur le sujet, voici une autre intervention :

*****

La rencontre a eu lieu dans un café et nous avons discuté par groupes de 6 ou 8 avant de mettre en commun nos réflexions. Je ne sais pas combien il y avait de « gilets jaunes » mais la plupart des participant-es avait au moins fait un tour sur un carrefour : ils et elles présentaient ça comme une prise de conscience sans retour.

L’originalité de la démarche

Leur méfiance vis à vis des partis, des syndicats et des associations qui ont pignon sur rue, vient de l’emprise des bureaucrates : Ubris, l’insatiable, profite de la concentration de pouvoir créée par les structures. La vigilance s’impose.

Ils ne demandent d’autorisation à personne, refusant que quelques « responsables » répondent pour les autres.

Les modalités d’action sont pragmatiques : le choix des carrefours  répond à un désir de visibilité et d’efficacité maximales, réappropriation de dépenses faites sans notre avis ; le gilet jaune est un signe distinctif visible et possédé par tou-tes.

La réflexion

Pas d’analyse à priori mais pas non plus de réticence à élargir la réflexion à l’écologie et aux mécanismes d’aliénation. C’est ce que nous avons fait. Qui sème le capitalisme récolte des cataclysmes. Tout s’effondre autour de nous par la faute des financiers multinationaux – les plus fanatiques des adorateurs d’Ubris – et leurs exécutant-es : industriel-les, politiques, militaires, policier-es, journalistes, distributeurs et autres complices. L’effondrement est en marche : effondrement des oiseaux, des abeilles, de la qualité de l’eau – privatisée, menace nucléaire, climat détraqué…- et les plus pauvres s’aperçoivent que c’est à leur tour d’être sacrifiés.

La suite

Il y a un Débat National prévu par Macron avec des participant-es tiré-es au sort ( plutôt parmi les « sans opinion » supposé-es vierges des contaminations partisanes) et encadré-es par des pro de l’encadrement. Nous avons déjà eu une simagrée de ce genre au sujet de la LGV : personne n’a compris où étaient passés les arguments du refus !

C’est à la base qu’il convient de prendre ce qu’une « gilet jaune » a appelé « le risque de discuter », y compris avec ceux qu’on pourrait cataloguer d’ « extrême droite ». Les mettre en quarantaine ne les fait pas évoluer vers une meilleure compréhension des forces en présence.

TOU-TES ceux et celles qui se sentent concerné-es doivent pouvoir se réunir dans chaque commune. Déjà plusieurs municipalités ont mis à la disposition des « gilets jaunes » des salles de réunion.

Dans ces réunions par « bassins » décentralisés, on définit les besoins et la meilleure façon de les satisfaire. On doit aussi faire des réunions par thèmes : l’énergie, l’eau, l’alimentation, les déchets, la santé. Il s’agit de rédiger, non pas des « cahiers de doléances » comme ceux qu’on adressait au Roi mais des Cahiers de Prévenances qui marqueront NOTRE prise de pouvoir.

Celles et eux qui réfléchissent depuis longtemps aux sujets pourront faire des « résumés des chapitres précédents » pour faire gagner du temps.

La décision appartiendra à tous. Et nous apprendrons de nos erreurs !

Françoise Chanial

Rédaction

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Article suivant

École primaire 2019 : zéro poste pour l'Académie de Poitiers

sam Déc 22 , 2018
Le ministère a annoncé la répartition des 2325 postes pour le 1er degré. L’académie de Poitiers a une dotation de … 0 poste ! Comme l’année dernière ! Pourtant, pour la Vienne, il va falloir déjà 17 postes pour assurer le dédoublement des CE1 en REP ! Autant dire que […]
//