EDF révise son estimation de production nucléaire et prolonge l’arrêt de 5 réacteurs du parc nucléaire français. Civaux 1, Civaux 2, Chooz 1, Chooz 2 et Penly 1. 

Les Amis de la Terre-Poitou ne sont pas étonnés de ces défaillances : l’industrie nucléaire est un colosse aux pieds d’argile qui ne peut faire illusion qu’en multipliant les dissimulations et les fanfaronnades. C’est à une séance de fanfaronnade que la population riveraine de Civaux a été conviée le 4 octobre 2021 à Nouaillé Maupertuis.


AG de la CLI de Civaux
 Lors de l’Assemblée Générale de la CLI – la commission locale d’information de la Centrale de Civaux qui s’est tenue le 4 octobre 2021 à Nouaillé Maupertuis – nous n’avions entendu que des louanges ! 

Pendant des mois, les réacteurs  avaient été scrutés par des milliers d’experts et nous étions conviés pour entendre la nouvelle : le bilan de la visite décennale était parfait, tout était prêt pour une nouvelle tranche de 10 ans ! On chantait une technologie qui pulvérise toutes les performances, la 3ème filière industrielle en France.

On nous a abreuvés de chiffres en tout genre, tous à la gloire de l’énergie nucléaire … DÉ-CAR-BO-NÉE. 
Le chiffre ridiculement partial du GIEC est sans cesse mis en avant alors qu’il ne tient pas compte de toute la chaîne industrielle, de l’extraction à l’impossible gestion des déchets.

Le GIEC a choisi de se focaliser sur l’effet indirect du carbone (en  minimisant celui du méthane et de la vapeur d’eau)… C’est plus facile à mesurer que le réchauffement direct… pourtant plus évident et impactant !

Je me suis avancée pour lire les notes qui suivent au nom des Amis de la Terre : 


Amibes et Tritium

Les tares du nucléaire sont connues depuis 50 ans mais elles sont trop lourdes, alors nous les tenons hors du champ de notre conscience. Et pendant ce temps, tout s’aggrave.

Je parle en direction de la population et je demande aux journalistes de transmettre cette alerte.
Les conséquences sur l’eau suffisent à condamner le nucléaire.
Je ne vais évoquer ici que 2 faits apparemment mineurs mais indéniables : 
On nous abreuve de chiffres étourdissants : rien ne semble pouvoir arrêter ce flot de personnel, de finances, de quantités produites mais ce colosse si impressionnant est incapable de faire face à des phénomènes minuscules  comme les amibes et le tritium. 
Aujourd’hui, on peut ajouter à ces 2 inconvénients, de minuscules fissures, difficiles à détecter et pourtant… capables de tout arrêter… ou de tout faire sauter !

Revenons à l’eau de la Vienne : on a confié à cette rivière le refroidissement de 2 puissants réacteurs. 

La centrale pompe l’eau, la réchauffe et la rejette, dans l’air où elle rejoint les nuages via les tours de refroidissement et dans la rivière en créant en aval un bouillon de culture où prospèrent entre autres les amibes.  
Si vous inhalez une poussière ou une gouttelette, une amibe peut remonter par les fosses nasales jusqu’au cerveau et l’infection méningée est de pronostic catastrophique en une semaine. Le Professeur Gil (Président de la CLI) peut en parler mieux que moi : Ne vous baignez pas dans la Vienne sans pince-nez !

Mais le pince-nez est inefficace contre le tritium, cet isotope de l’hydrogène qui transforme H2O en eau lourde. Il est rare à l’état naturel mais émis par l’industrie nucléaire en fonctionnement dit « normal » et plus encore dans les cas « anormaux», accidentels ou militaires.
La radiotoxicité du tritium est mal connue parce que mal étudiée : Wikipedia rappelle à ce sujet que l’OMS est liée par des accords avec l’AIEA, L’association Independent Who a essayé de dénoncer cette subordination mais ladite association s’est dissoute après 10 ans d’absence d’écoute et de résultats. 

Le tritium peut être ingéré ou inhalé et peut perturber l’ADN. Les normes varient selon les pays… et les exigences des industriels. Il traverse de nombreux matériaux réputés étanches, il n’y a pas de filtres assez fins pour le retenir… et il se retrouve au robinet des habitants de Châtellerault.

Conclusion : dans les parages de Civaux, le plus prudent pour éviter d’inhaler des amibes ou du tritium c’est d’arrêter de respirer  et de boire ! Et puisque c’est impossible, il est temps de décider d’arrêter. Sauf que ce qui nous retient de prendre collectivement cette décision salutaire, c’est la croyance aveugle et suicidaire dans le pouvoir d’artificialiser la vie. Cette illusion n’est pas de la science mais du scientisme.

Il y aurait beaucoup à dire sur la drogue que représente le pouvoir apparenté au nucléaire, sur les leurres du confort , de la facilité, de l’artificialité, sur les tromperies financières, les mensonges à propos de la sécurité… et du climat !

Je résume dans un constat : l’industrie nucléaire n’est belle qu’en théorie, sur le papier. Elle exige la perfection et elle donne l’illusion de l’atteindre ponctuellement mais l’erreur est humaine et frappe de façon inattendue. Le pari sur la perfection rend le nucléaire inhumain et irréparable. Il est grand temps de l’arrêter.


Une machine garante de perfection 

Un ingénieur «  chaudronnier » a pris la parole après moi et il a décrit par le menu la machine à détecter les défauts de la cuve. Il a détaillé pendant plus d’1/4 h les prouesses de son idole miraculeuse ultra perfectionnée si bien que je lui ai lancé : « c’est votre garant de perfection ? – Oui ! c’est une très belle formule que je vais retenir, c’est exactement ça ! » Il était tout heureux de se sentir compris ou il faisait semblant.



5 puissants réacteurs à l’arrêt 
Et depuis ? 
Comme il fallait s’y attendre la machine miraculeuse n’a pas pu garantir la perfection fantasmée. Mieux vaut en effet tout arrêter tant que la commande « arrêt » répond encore ! NON ???

Les Amis de la Terre-Poitou

Dom

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