« Osons Poitiers » pour le principe de précaution appliqué aux terrains de foot synthétiques

Faire du foot doit rester Naturel

Cinq terrains de football ont adopté la pelouse synthétique sur le territoire de Grand Poitiers (Complexe sportif Saint Nicolas à Poitiers, Stade de la Varennes à Saint-Benoît, Stade André-Messy de Buxerolles, stade de Saint-Eloi à Poitiers et le terrain communal de Migné-Auxances). Le dernier (André-Messy) a été inauguré il y a à peine un an par le président de Grand Poitiers Alain Claeys.

Ce choix est désastreux car il pose aujourd’hui un problème de santé publique auquel la collectivité va devoir répondre sans tarder : la pelouse synthétique acquiert sa consistance de petite billes noires en caoutchouc qui sont devenues les pires ennemis des footballers selon une étude à paraître menée à l’université de Yale et qui pourraient être responsables de cancers du sang déclarés chez les joueurs réguliers sur ce type de surface. La situation est suffisamment sérieuse pour que les milieux du foot commencent à s’en inquiéter en France et pour que la presse spécialisée s’en fasse l’écho. L’enquête réalisée par SoFoot ce mois-ci (numéro de Novembre) a été reprise par de multiples médias nationaux et pose la question aux autorité nationales des décisions à venir.

Osons Poitiers est intervenu à plusieurs reprises (et avant lui les élus écologistes de la précédente mandature) pour tenter d’empêcher le choix de cet équipement. Très récemment, nous sommes intervenu-es pour éviter que ne soit construit le dernier à Buxerolles. Notre argumentation n’a recueilli que sourires ironiques sans jamais recevoir de réponse sinon celles empruntées aux lobbyistes qui ont intérêt à ce que la filière se développe.

Aujourd’hui, de nombreux pays, sous la pression de l’opinion publique, des utilisateurs, ont renoncé à construire et commencent à renoncer à l’utilisation. Aux USA, un travail d’inventaire des cas de malades déclarés est en cours et ne fait que confirmer la légitimité de l’inquiétude. A Amsterdam, on commence à parler de remplacement de l’équipement incriminé.

Il faut dire que le granulat de caoutchouc utilisé dans cette technologie contient pas moins de 190 substances classées toxiques ou cancérogènes, que la volatilité de ces substances n’a fait l’objet d’aucune étude et que la seule étude de dangerosité qui a été faite de ces terrains ne concernait pas les granulats mais a été abondamment utilisée pour conclure à leur innocuité. Aujourd’hui, cependant, des chercheurs ont démontré que des particules issus de cette substance peuvent être avalées et inhalées en quantité non-négligeable et que les enfants, en particulier, ne doivent pas être exposés à ce risque. Les blessures occasionnées par ce type de pelouse sont nombreuses (brûlures) et augmente le risque de contamination par le sang. Enfin, On ne peut qu’être interrogé par ces préconisations associées à l’utilisation de ces terrains : ne pas manger dessus, porter des vêtements amples et couvrants et douches prolongées après utilisation.

Osons Poitiers est un farouche adversaire de cet équipement qui n’a d’écologique que la couleur verte que lui ont donnée les industriels : il ne dispense pas d’arrosage puisque les granulats doivent être arrosés pour rester en place et pour contrer l’effet de la chaleur (qui diffuse les particules), il est coûteux en gaz à effet de serre (production, transport, traitement), il empêche le rôle de régulateur thermique que joue une pelouse naturelle en milieu urbain, il a une durée de vie réduite ; enfin, il répond à une conception du sport quin’est pas la nôtre et qui conduit à éloigner, par l’artificialisation, les pratiques sportive de ses origines et de ses effets naturels.

Aujourd’hui, cette opposition doit être entendue : il faut que ceux qui détiennent la décision politique adoptent pour les terrains synthétiques le principe de précaution. Leur utilisation doit être suspendue et aucun équipement nouveau, bien entendu ne doit être envisagé. Nous nous adressons aux usagers, sportifs, éducateurs, parents pour qu’ils interpellent à leur tour les responsables de Grand-Poitiers. Il faut aussi tirer des enseignements de cette affaire : le progrès technologique doit être envisagé sans cette béatitude qui peut conduire le politique à des choix inconsidérés. Sachons tendre l’oreille à ceux qui lancent l’alerte..

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