Ravage de l’abandon des villes moyennes

« Nous avons franchi le seuil du Poitou, comme lisière entre le passé et le présent, les rêves et la défaite des rêves… » (Aragon)

« La France abandonne ses villes moyennes », titrait en mai dernier Le Monde diplomatique . L’exemple était la ville Montluçon, sur la réduction de ses lignes ferroviaires pour des projets aux horizons plus attrayants : « projet de ligne à grande vitesse Paris – Orléans – Clermont-Ferrand – Lyon (POCL) » .

À bien des égards, Montluçon est un double de Poitiers, comme Amiens, comme mille et une autres victimes des conséquences de la réforme territoriale des régions de janvier 2015.

Rappelons au passage, un exemple comme un autre, le périple que sont les jobs d’été si vous avez le malheur d’être étudiant-e, mais sans véhicule, sans espoir de copinage particulier. Le train, c’est la survie du porte-monnaie estival, même avec ses rares horaires qui laissent à penser que la ligne de vie du TER n’est pas éternelle.

Poitiers- Vivonne, Poitiers- Dissay…c’est simple, pas de train, pas d’emploi, et toute la boucle infernale qui s’ensuit.

Un habitant et cheminot de Montluçon témoignait aussi dans Le Monde diplomatique : « On est près de tout et, en même temps, on est loin de tout ». Pas mieux pour Poitiers.

Nouvel épisode en date : la mise en concurrence entre deux villes moyennes justement, Poitiers et Limoges, pour obtenir le siège du Rectorat. Jusqu’à ce que le ministre Jean-Michel Blanquer daigne prononcer sa décision finale, deux villes submergées des mêmes maux sont vouées à se battre comme deux chiens pour un os, même de taille. Quoi qu’il en soit, côté team Poitiers ou team Limoges, les articles locaux qui recensent l’information concluent sur cette formule énigmatique de la rectrice de Limoges : « la décision est très politique ».

Révélation au prochain épisode.

Alice Lebreton

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