Réflexion sur la déambulation mégoteuse du 15 septembre 2018 à Poitiers

Une réflexion de l’initiateur de la déambulation mégoteuse le 15 septembre à Poitiers

Au lendemain de la déambulation mégoteuse le 15 septembre dans les rues piétonnes du centre ville de Poitiers (photos et vidéos ici) dans le cadre de l’opération internationale de ramassage des déchets (world Clean Up Day), je suis pour l’instant dubitatif sur l’impact de cette opération dont j’ai été à l’initiative (cf la vidéo) .

Certes les conditions étaient très favorables (météo adéquate, public nombreux) ce qui nous a permis de réaliser ce qui était prévu dans une ambiance festive et pour cela je remercie encore une fois les acteurs, actrices, figurants, figurantes qui ont apporté leurs concours à la réussite de cette déambulation.

Mais avons nous vraiment atteints notre cœur de cible (?), à savoir les fumeurs et les fumeuses qui jettent ces minuscules petits déchets n’importe où, que ce soit à pieds ou en voiture, sans se soucier de l’impact de ce comportement souvent par ignorance mais la plupart du temps par réflexe ou manque de conscience écologique. J’ai l’impression que, comme souvent, nous touchons un public déjà convaincu avec ce genre de manifestation, et dans l’absolu on peut regretter l’absence de la télévision régionale qui aurait pu amplifier le message.

Mon objectif était pourtant très clair car il se voulait essentiellement pédagogique en provoquant dans un premier temps un effet de sidération devant la quantité de mégots récoltés à Poitiers (environ 40.000 présentés pendant la déambulation – voir la photo ci-dessus) et en affichant les solutions pour faire diminuer cette pollution insidieuse (cendriers de poche, cendriers pour automobiles)

C’est désormais une évidence pour moi et pour toutes celles et tous ceux qui m’ont aidé à mener à bien cette opération : il faut convaincre les accros à la nicotine de ne plus jeter leurs mégots car les chiffres sont effrayants (chaque année : 30 milliards de mégots sont jetés en France, 4300 milliards dans le Monde selon les chiffres annoncés par le site « planetoscope.com »). En sachant qu’un mégot a le pouvoir de polluer 500 litres d’eau, et que bon nombre finissent directement dans les rivières via les réseaux d’eaux pluviales ou par l’action du vent, il devient urgent d’agir.

L’action doit se décliner sur plusieurs registres :

Action pédagogique dans un premier temps (information dans les écoles et sur la voie publique, campagnes d’affichage) avec distributions ponctuelles mais gratuites de cendriers de poche.

Installation de cendriers collectifs dans les endroits stratégiques (arrêts de bus, gares, places publiques, jardins publics, sorties d’établissements scolaires …)

Engagement des élus locaux : Adoption de mesures coercitives (amendes, interdictions de fumer dans certains secteurs tels que les sorties d’écoles primaires et de maternelles, jardins publics), arrêtés municipaux pour obliger les bars à mettre des cendriers sur les tables installées sur les places publiques (ce qui ne constitue en rien une « incitation à fumer » comme veulent bien nous le laisser croire les patrons de certains estaminets)

Mais encore faudrait-il que les élus locaux s’emparent de cette problématique et ne se réfugient pas derrière cet argumentaire qui consiste à dire que les services techniques de la municipalité s’occupent de ce problème en mobilisant chaque jour de nombreux agents pour nettoyer les rues de Poitiers.

Pour avoir effectué préventivement quelques ramassages de mégots à Poitiers, j’ai pu me rendre compte au fil de mes nombreuses rencontres et discussions avec les habitants des quartiers, qu’il y a un raz le bol général sur les incivilités et tout particulièrement sur les jets de mégots.

Le nettoyage des rues ne suffit plus. Faire disparaître cette pollution de notre champ visuel, n’est pas la seule solution envisageable. Il faut éradiquer cette pollution à la source, en informant le public que, in fine la facture de dépollution de l’eau est partagée entre tous, fumeurs et non fumeurs.

Dans cette logique, un stand « polluants insidieux et déchets incongrus » sera installé lors du « Village pour l’eau » organisé par l’association Alternatiba au moulin de Chasseigne de Poitiers samedi 22 et dimanche 23 septembre. Ce sera l’occasion de réactiver notre message pour toucher les visiteurs et les élus de Grand Poitiers, en affirmant une nouvelle fois l’absolue nécessité de préserver au quotidien l’environnement que nous allons laisser aux générations futures (tous déchets confondus bien évidemment).

Gérard Forestier

Rédaction

Une réflexion au sujet de “Réflexion sur la déambulation mégoteuse du 15 septembre 2018 à Poitiers

  1. De même que donner un nom anglais à une manif, c’est une grosse lanterne qui annonce d’emblée « on s’adresse qu’aux 50 % qui comprennent l’anglais ». Donc on exclut de fait la moitié de la population qui d’une part se bouge pas pour un tel événement, et se bougera d’autant moins si on s’adresse pas dans des mots qu’elle comprend. Pas étonnant aussi qu’elle parle qu’à ne que des convaincus.

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