Rentrons dans les détails de cette intervention très politique.

La presse locale nous apprend qu’à trois jours du Village des Alternatives d’Alternatiba Poitiers, dont le programme est connu depuis belle lurette, le préfet, représentant de l’État dans le département, demande aux Collectivités locales (mairie de Poitiers et Grand Poitiers) de retirer leurs subventions à Alternatiba.

Il interpelle les deux Collectivités territoriales seulement trois jours avant le Village. Le préfet le sait bien : on ne peut annuler ainsi un événement aussi important qui a demandé des mois de préparation et engager de nombreux frais que pour des motifs graves à l’extrême, ce qui n’est pas le cas ici. Le but du préfet n’est donc pas d’annuler le Village.

Le préfet prend le prétexte d’une activité, une seule, sur les centaines proposées par le Village. Le prétexte est trop léger pour tout annuler, ce qu’il sait pertinemment.

Le préfet s’appuie sur une faute supposée : le soit disant non respect du « contrat d’engagement républicain » que représenterait un atelier « désobéissance civile ». Le préfet, comme Macron, désigne ce qui est dans la République et ce qui est extérieur à la République. Question : qui commande ? Jupiter et ses clones ou la Justice qui doit dire le droit ? Et puis il fait mine de ne pas savoir qu’il existe ce qui est légal et ce qui est légitime.

Bref ce préfet n’est pas intervenu pour protéger la République et/ou le bien commun mais bien pour s’opposer dans l’espace public aux deux Collectivités territoriales (Poitiers et Grand Poitiers) qui ne sont pas Macron-compatibles, qui sont tenues par l’opposition à Macron. En mettant publiquement l’accent sur le montant des subventions (qui par ailleurs étaient trouvables par tout un chacun) et sur l’anti-républicanisme supposé des politiques locales, le préfet veut mobiliser la clientèle réactionnaire locale et nationale de Macron à savoir la droite et l’extrême droite. Comme au parlement, comme dans les médias mainstrean, une ancienne antienne semble être remise à l’honneur : plutôt Hitler que le Front Populaire.

Mais il n’y a pas de surprise venant de ce préfet qui, envoyé par Macron, :

  • favorise la ferme usine de Coussay des 1200 taurillons alors que c’est une catastrophe écologique assurée notamment pour l’eau potable du territoire ;
  • court-circuite la chambre d’agriculture (sur les épandages de produits phyto-sanitaires) pour avoir une politique exclusive avec la seule FNSEA qui regroupe l’agriculture productiviste et monopolistique, syndicat minoritaire sur la Vienne mais omniprésente dans les rouages de l’état ;
  • déploie, avec son collègue de Deux-Sèvres, un arsenal policier surdimensionné, qui cherche à faire peur, dans la mobilisation citoyenne contre les « bassines » ;
  • prend des arrêtés pour limiter la consommation d’eau mais sans aucun outil notable pour le faire respecter ;
  • s’obstine, contre vents et marées, à passer en force sur les « bassines » en faveur d’une minorité d’irrigants alors que l’eau, y compris potable, vient à manquer

Il reste deux questions :

  • les dirigeant-es politiques locales vont-ielles résister à ce coup de pression et, c’est un exemple, refuser les bassines ?
  • le préfet ira-t-il jusqu’à appliquer au mouvement gréviste qui vient, la politique destructrice qu’on a connu contre les Gilets jaunes.

À voir.

P. Canaud

Rédaction

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