En complément du dernier article (La tentation de « l’union des droites » dans la Vienne) qui insiste sur les passerelles que certain.es veulent construire avec l’extrême-droite, quelques éléments de réflexion sur l’état de la droite versus LR (« Les Républicains ») qui se cherche entre une droite qui place son salut du côté de l’extrême-droite et celle qui place son présent dans le Macronisme dont le penchant… à droite n’est plus à démontrer. Les « centristes » (et quelques autres) étant déjà dans l’orbite du pouvoir.

Tout le monde a bien compris que le « en même temps » de la campagne présidentielle n’était qu’un paravent et que le cœur idéologique de la politique gouvernementale est bien calé à droite. Après, il ne s’agit plus que d’habillage, de communication, ce à quoi s’appliquent avec constance E. Macron et les « communicants » qui peuplent les couloirs du pouvoir.

Entre les effets d’annonce, non suivi d’effets, (ou si peu) à coup de « convention citoyenne » et de « grand débat » et les diversions pour éviter de répondre sur le fond des questions, au final, c’est bien à la droite « classique » que Macron pose problème. Quid donc des Républicains qui ne savent plus à « quel saint se vouer » ! Dans la Vienne, elle n’a pas disparu mais elle est mal en point. Pour J. Daigre, ex tête de file de l’opposition municipale à Poitiers, la défaite en 2020 de la liste menée par le néo-poitevin T. Alquier néophyte en politique, passe mal. Leur absence au 2ème tour et leur disparition du conseil municipal est un échec complet, la place d’une « droite modérée » étant maintenant occupée par A. Brottier, ancien socialiste reconverti… qui a attiré, en juin dernier, une partie des électeurs.trices de la droite poitevine. Du moins de celle qui s’est déplacée aux urnes. Une situation qui n’a pas de précédent à Poitiers. Mais de là à laisser la direction de LR 86 aux partisans de l’union des droites… contre les « Rouges » et autre islamo-gauchistes…

A Châtellerault, autre configuration : J.P Abelin est bien « incrusté » dans la ville, déroulant son profil « centriste », un « macroniste sans sigle » et qui, confinement aidant, a lui aussi bien profité de l’abstention aux dernières municipales en étant élu au 1er tour pour un 3ème mandat. La gauche neutralisée, l’extrême-droite sans vraie implantation locale, il a laminé y compris les macronistes locaux représentés par D. Simon, (8 %) un autre ancien responsable socialiste… La liste de J.P Abelin faisant la « synthèse » en allant de la gauche (un ancien élu de la liste d’E. Cresson de 1983) jusqu’à S. Fongang, nouveau délégué des Républicains pour la circonscription de Châtellerault. Une manière de neutraliser ce dernier, dans une liste qui n’affichait aucun « étiquetage » politique. Après des années de « guerre larvée » entre P. Rabit, responsable local de la droite « LR » (parti sous d’autres cieux…) et J.P Abelin, on revient à une certaine normalité.

Dans d’autres communes de la Vienne, de Buxerolles (tombée à droite) à Chauvigny, en passant par Loudun et Civray, nous attendons vos contributions sur la réalité de la droite « classique et/ou apparentée » aux affaires dans ces villes ! La réalité de « l’Alliance des droites » chère à M-D Proust n’est peut-être pas la priorité dans ces communes. Pour Montmorillon, la situation est encore différente puisque la succession du maire sortant Y. Bouloux (« Union de la Droite » ) a tourné à la déroute malgré sa présence sur la liste de son dauphin J-Y Noyer… (66 % pour la liste d' »Union de la Gauche » de G. Gevaudan contre 33 %)

Mais la droite locale ne s’arrête pas aux communes, le département étant le lieu d’exercice de son pouvoir sans partage. Après la claque reçue par le Parti Socialiste en 2015, la droite de B. Belin devenue celle de son successeur A. Pichon (ancien maire d’Antran) tient toutes les manettes… avec le Futuroscope comme emblème. Ne parlons pas des deux sénateurs de la Vienne (dont B. Belin) qui représentent la droite rurale, sûre de son conservatisme… mais point trop n’en faut.

Quant à l’activité militante des « LR86 », la seule visite de leur site internet donne une idée de leur visibilité : proche du néant. Pas d’agenda, communication limitée au strict minimum,… Du côté des réseaux sociaux, ce n’est pas mieux avec « 56 personnes qui aiment ça » le FB des LR 86 a une activité débordante faite de communiqués nationaux… Une information néanmoins, avec le communiqué de presse du 15 février du secrétaire départemental C. Savattier qui « recadre » M-D Proust, chantre de « l’union des droites » . Celle qui brigue la présidence des LR86 se voit rappeler les règles de fonctionnement interne : c’est décidément l’amour fou à droite !

Au delà de la Vienne et en l’absence d’un corpus idéologique cohérent à même de permettre à la droite traditionnelle de trouver sa place, avec la personnalisation qui sert de faire-valoir, la tentation est forte de revenir à l’homme providentiel, celui qui pourrait unifier l’ensemble de la droite. (au sens que lui donne des Républicains) A ce petit jeu, Sarkozy est en première ligne… mais entre les casseroles qu’il traîne et les inimitiés au sein de son propre camp, bon courage pour mettre tout le monde en ordre de bataille derrière lui. Le jeu de Macron étant de faire durer le brouillage le plus longtemps possible, jusqu’en 2022. De ce point de vue, Darmanin est un point d’appui central dans la captation de l’électorat de droite vers Macron. L’un a besoin de l’autre et ils le savent très bien. La gauche, dans les limbes, a des soucis à se faire pour 2022… et pour la droite, c’est à peine mieux !

Georges Rellow

Dom

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