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  1. HONNEUR AUX GILETS JAUNES

    Plus qu’une éclosion, l’explosion des Gilets Jaunes a autant surpris que la révolte de 68 ; mais hélas, les syndicats affaiblis n’ont pas pris le train en marche, et les partis politiques médusés, malgré leurs aptitudes gyroscopiques, ne savaient bien sur quel pied danser. Le mouvement des Gilets Jaunes, contrairement à ce que les médias aux ordres tentent d’instiller, n’est pas inconséquent, pas plus qu’il ne cultive une théorie du désordre ; au meilleur sens du terme, il a bien un parfum d’anarchie, mais ce n’est que celui attaché au respect des libertés. Ce mouvement n’est pas un amalgame de mécontents que l’on pourrait arrêter en répondant à des problèmes particuliers. Les Gilets Jaunes portent le bon sens commun : incompréhensible pour un gouvernement qui sur ce point est indigent, notamment dans son mépris des corps intermédiaires, qui n’a d’égal en intensité que celui du mépris des services publics. Un mépris concupiscent, non pour le c.. mais pour l’argent, qui enfle les actifs de ceux qui ne sachant plus qu’en faire, nous exposent aux pires désordres. Les Gilets Jaunes font ce que la plupart d’entre-nous avons négligé : à chaque jour offert à notre bonne volonté, face aux peines et cruautés infligées par l’injustice sociale, ne rien laisser passer. L’ambition de ces lanceurs d’alerte n’est cependant pas de se substituer aux élus, mais de veiller à ce que sous aucun prétexte, ils s’écartent de leur devoir de justice pour des accommodations captieuse, comme autant de cadeaux aux privilégiés.
    Du haut de sa suffisance, le gouvernement Macron ne comprend ni n’entend ce mouvement, alors il cogne, mutile et emprisonne, et sans avoir à rendre compte, pour l’instant. Cette violence n’est pas seulement celle insufflée par un capitalisme aux aguets, elle est aussi celle de l’indigence humaine au pouvoir, et cette inhumanité débridée, pourrait échapper au contrôle même de ceux qui l’exerce. Quand l’exaction remplace la concertation, contre les Gilets Jaunes et autres sauveurs : les pompiers, reçus avec des grenades lacrymogène et tirs de LBD, si le pire n’est pas au présent mais à venir, ne serait-ce pas la guerre civile qui est fomentée ? Pour un tel crime, sans nous consoler, l’histoire nous enseigne que ça n’est pas toujours impunément, pour ceux qui du haut de la puissance accaparée, se sentent à l’abri des poursuites.
    Pour ne pas être exposer au pire, c’est sans attendre qu’il faut réagir, non sans mesurer les forces en présence et voir les failles : jamais le pouvoir autoritaire ne peut s’installer sans complicité, certes, toujours celle de quelques malfaisants, malveillants et autres indigents de la pensée que l’on peut manipuler, mais de là à croire que nous n’en ferions qu’une bouchée ou qu’un vent de liberté viendrait les effrayer… Enfin, dans notre pays ou la liberté est à notre portée, rien ne saurait excuser notre passivité et nos tergiversations qui laissent entrouverte la porte du pire. Ces recommandations ne sont pas nécessaires à ceux qui donnent sans compter, mais il faut cependant mesurer la force à opposer, pour qu’elle ne soit pas découragée par trop d’abnégation et coups d’épée dans l’eau.
    Le prix à payer pour les résistants est toujours élevé, physiquement et moralement, quand une frange de la population, toujours la même, quel que soit l’occupant (hier notre voisin, aujourd’hui une technocratie à la botte de la finance), dit en ce moment à ceux qui sont meurtris, emprisonnés, mutilés ; comme à d’autres hier, torturés et fusillés : « c’est bien fait, ils l’ont bien cherché ». Longtemps, longtemps, après que les martyrs aient disparu, hommage leur est rendu : à l’initiative de ceux qui leur ressemblent ou de ceux qui ont eu l’honneur de les accompagner, mais ne pas se leurrer, souvent aussi, ce sont ceux qui les avaient conspués ou mis au pilori, qui prennent à leur compte le mérite de les encenser pour s’exonérer. Cynisme à la parade, dans un hommage tourné en mascarade, que nul ne peut dénoncer sans risquer d’être arrêté (2019) ou assassiné (1953).
    Ce que les Gilets Jaunes ont mieux que d’autres compris, c’est que la seule lutte qui vaille est celle présente, et non pas celles imaginées ou promises par ceux (devinez pourquoi ?) qui invitent à patienter.
    Les Gilets Jaunes ne sont pas hors sol, ni dans l’utopie des fumeries politiques, mais bien conscients de notre réalité, et c’est pour cette raison qu’ils se font matraquer.

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