Le député Turquois et la magie du Verbe

Quelques commentaires au sujet d’une proposition du député Turquois concernant le Groupe Hospitalier du Nord Vienne (GHNV).

Le député milite pour « un hôpital de la Vienne ».

C’est le titre d’un article de la NR/ Centre Presse du 15 mai 2018.

Le député MODEM de Châtellerault y prône « une structure hospitalière unique pour retrouver une assise financière et optimiser l’offre de santé dans le département »

Pour lui « Le CHU de Poitiers est le seul excédentaire en France. Le GHNV est le plus en difficulté en proportion de sa taille de la Nouvelle Aquitaine. L’excédent de l’un et le déficit de l’autre ne sont pas étrangers. Le CHU capte la patientèle »

Deux commentaires de notre part :

D’abord, selon le député libéral, un service public devrait donc fonctionner comme une entreprise privée capitalistique et faire des bénéfices. Le « patient » est transformé en « patientèle » qui rime avec « clientèle ». Ces mots « bénéfices » et « optimiser l’offre » ou « patientèle » ne sont pas que des mots. Ce sont des mots qui permettent de changer les buts du Service public hospitalier. Il ne s’agit plus de soigner mais de soigner en fonction d’objectifs comptables selon les règles du marché concurrentiel. C’est d’ailleurs ainsi que le CHU de Poitiers arrive à faire des bénéfices. Une vidéo d’Osons Poitiers ( ICI) explique le pourquoi et à quel prix. Jusqu’à l’absurdité des parkings payants au CHU.

C’est ça la magie du verbe. Par la substitution des mots, les libéraux (de droite, de gauche et d’extrême droite) peuvent occulter le scandale qui se produit dans la réalité : faire passer la rentabilité avant la santé des populations.

Les mots ça permet aussi de résoudre les contradictions du discours.

Un exemple avec le même discours du député Turquois.

Les grèves à répétition tant au CHU de Poitiers qu’à l’hôpital Laborit rappelle que la règle des bénéfices c’est l’augmentation de la productivité. En clair, moins de personnel fait plus de travail ; des missions ne sont plus assurées ou mal ; on cherche à remplacer des salarié-es par des machines. Quelques éléments d’analyses sont exposés dans cet article.

Que dit le député du nord de la Vienne : « J‘ai l’impression que la politique mise en œuvre, c’est une adaptation des coûts par la suppression des personnels. Il est anormal que le personnel paie les erreurs de direction du passé et l’absence de contrôle des tutelles. Aujourd’hui, on n’a ni le contenu de l’offre de santé, ni les moyens affectés. Or, la vraie question, c’est quelle politique de santé dans le Nord Vienne? »

Dans la même conférence de presse il prend exemple sur le CHU qui fait des bénéfices et affirme que les salarié-es ne doivent pas payer les pots cassés. Il prône l’exploitation comptable et la dénonce.

Si ça c’est pas un tour de magie !

Pascal Canaud

1 Comment

  1. Pour avoir côtoyé Mr TURQUOIS à différentes manifestations pour l’hôpital de LOUDUN, ce que j’ai retenu de lui et qui me révolutionne, c’est qu’il est très volubile, il s’écoute parler, sur de lui et certain de convaincre les foules, ça lui procure une certaine jouissance … il me fait penser à…à… Macron…!
    Il ne va pas falloir rester les 2 pieds dans le même sabot si l’on veut que ça change, le 22, le 26 c’est dans la rue que ça se passe !!!

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