Le projet de porcherie « bio » de Charroux va t’il capoter ? Il faudra attendre la décision du tribunal administratif prévue pour le 17 novembre. Le rapporteur public a rendu ses conclusions jeudi 22 octobre en demandant l’annulation de l’arrêté préfectoral du 6 avril 2018 qui avait, à l’époque, enregistré le projet. (On peut aussi retrouver plusieurs infos sur cette affaire sur le site Web86)

Sans garanti que ses conclusions soient suivies, même si c’est le plus souvent le cas, le rapporteur public ouvre ainsi une fenêtre à l’Association Contre l’Élevage Bio Industriel à Charroux (ACEBIC) qui mène la lutte contre ce qu’elle qualifie de « porcherie industrielle » sous couvert de « bio ».

On peut en effet s’interroger sur le qualificatif de « bio » quand il est question d’un élevage pouvant recevoir 2 000 porcs plus 700 porcelets sur un même lieu !

La grande distribution (Intermarché) adossée au Crédit Agricole se frotte les mains quand il s’agit d’investir (!) un secteur dont les ventes progressent à deux chiffres depuis plusieurs années et qui permet une marge de profit bien supérieure au secteur alimentaire traditionnel. Avec du bio « à bas coût » comme le dénonce l’association.

Dans cette affaire, les investisseurs s’appuient sur plusieurs agriculteurs locaux qui étaient en bio, ce qui contribue à installer un climat détestable… Question de valeurs…

Si le TA suit les conclusions du rapporteur public, ce ne sera pas sur l’argumentaire développé par l’avocat de l’association puisqu’il n’a pas été retenu : ni sur les capacités financières estimées insuffisantes (8 millions d’euros dont 70 % sont apportés par les banques…) ou la protection des nappes phréatiques, un argument non pris en compte par le rapporteur public. Pas plus que les problèmes liés à la proximité du site choisi avec des habitations…

Un seul argument semble avoir porté : le doute sur la capacité des porteurs du projet à maîtriser le fonctionnement technique de cette exploitation !

Gérard Minault, membre de l’association Acebic écrit sur le site de l’association : « Dans le projet d’élevage de Charroux, j’ai le sentiment d’une forme de ruse, d’une tromperie : une société produisant du porc de façon industrielle (Cf l’usine de Bouresse) et une grande enseigne de distribution s’engouffrent dans la demande croissante de nourriture bio et montent, avec l’aide des exploitants de deux GAEC locaux (dont certains avaient manifesté en mars 2016 sur le parking d’Intermarché de Savigné) un projet industriel d’élevage de porcs « bio ». Près de 2 000 porcs regroupés dans le même lieu ! » (…)

« Qui tire les ficelles dans ce montage financier ?

J’ai le sentiment que nos trois agriculteurs associés au projet sont le faux nez de ceux qui dirigent l’opération. Ces derniers (La SA La Vilaine, le groupe Intermarché) avec l’appui d’une banque rurale bien connue des agriculteurs, ont trouvé le cheval de Troie pour développer une production industrielle dans la filière bio. Avec 30% du capital de la société créée, les agriculteurs n’auront aucun pouvoir de décision, ils ne maîtriseront rien. Quel intérêt d’une telle opération pour eux ? Récupérer le fumier issu de l’élevage industriel certifié « bio » et fournir les céréales nécessaires à l’alimentation des porcs.

Pourquoi ne pas avoir développé, dans le cadre d’un groupement de producteurs, face à la demande des consommateurs, (au lieu d’un seul élevage de 2 000 porcs qui va créer deux emplois), quatre ou cinq unités d’élevage avec des porcelets naissant sur place, engraissés sur place et abattus dans les abattoirs locaux (Confolens par exemple). Ce qui aurait créé davantage d’emploi. Au lieu de quoi, les porcelets alimentant l’élevage industriel de Charroux seront amenés de Bretagne pour être transportés à nouveau, une fois engraissés, vers un abattoir breton. »

Site de l’ACEBIC : https://sites.google.com/view/acebic/accueil

Infos dans la presse locale sur Centre-Presse (https://www.centre-presse.fr/article-764324-le-projet-de-porcherie-bio-menace-d-annulation.html) et La Nouvelle République du 23 octobre (https://www.lanouvellerepublique.fr/vienne/commune/charroux/le-projet-de-porcherie-bio-menace-d-annulation)

Alors, on repart à zéro ? On en saura plus le 17 novembre.

Dom

Une réflexion au sujet de “Porcherie « bio industrielle » à Charroux : coup d’arrêt ?

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