Budget de la Région : le privé au détriment du public

Voici l’intervention critique de l’organisation syndicale FSU au CESER (Conseil Économique, Social, Environnemental Régional)

« M. le Président, chères et chers collègues,

Le budget du Conseil Régional se situe dans un contexte de crise sociale profonde où les oubliés se révoltent…

La FSU n’a cessé d’alerter sur les difficultés grandissantes à s’insérer par le travail dans une société de moins en moins égalitaire, avec moins de services publics de proximité, moins d’école, moins d’ambitions partagées…

Et le budget de la région n’est pas sans relation avec cette crise. La FSU remet en cause la théorie du ruissellement, ainsi que les réformes des collectivités territoriales.

Certes, le Conseil Régional investit dans le transport, le TER, la culture, les aides aux entreprises, les lycées, la transition écologique, la culture, l’équipement informatique… son aide est précieuse dans tous les domaines. C’est son rôle.

Mais ils ne sont pas suffisants malgré une hausse dans le budget de la recherche.

D’un côté, Le budget pour le développement économique est orienté à la hausse avec presque 5%.

Malheureusement, de l’autre côté, le budget de fonctionnement des lycées baisse de 1,5% avec un nivellement par le bas des aides scolaires, celui des installations sportives scolaires baisse de 44%, celui pour la lutte contre le décrochage de 17%, celui pour l’enseignement supérieur de 24%, celui pour le logement des jeunes de 30%. Celui de la transition énergétique n’est pas non plus en hausse malgré les enjeux. Celui de la culture est très contrasté mais ne marque pas une vraie politique de développement de ce pilier sur l’ensemble du territoire…

A contrario, le budget de l’enseignement privé -fonctionnement et investissement- augmente de 11% alors que le budget total des lycées n’augmente que de 2% avec une hausse du nombre d’élèves en lycée due, entre-autre, par les poursuites des bacs pros en BTS…

La FSU s’en désole !

Plus que ces calculs qui ne vont pas dans le sens d’une meilleure égalité des chances, les Régions n’ont pas les moyens de réaliser les vrais changements durables que les citoyen.e.s sont en droit de demander sur l’ensemble de nos territoires.

Pour la FSU, la réforme des collectivités est passée largement à côté des enjeux sociaux et environnementaux d’aujourd’hui.

Il aurait fallu moins de rond-point, moins de péages, moins d’incitation à consommer du pétrole pour plus d’équilibre dans les enjeux durables posés depuis bien des années.

La FSU regrette que le budget de la Région soit de plus en plus assujetti aux taxes. La FSU répète que la taxe est inégalitaire car indépendante des ressources et du capital. Seul l’impôt l’est. Là aussi, les réformes passées sur la fiscalité ont été ratées.

La FSU aurait souhaité un effort constant pour permettre de bonnes conditions de travail pour plus de services publics de qualité. Pour cela il faut plus de ressources humaines et un budget de fonctionnement à la hauteur des investissements. Le service public est une richesse !

La FSU aurait aussi souhaité un grand plan de transport modal de qualité, intégrant par exemple la mise en place d’une prime vélo pour les agents, d’un plan vélo en sécurité et des bornes de charges électriques dans tous les parkings de la Région.

La FSU réitère que l’apprentissage est tout aussi inégalitaire à plus d’un titre. L’apprentissage coûte cher et n’atteint pas les objectifs fixés. La FSU réitère non pas son opposition à l’apprentissage, mais à son développement aux dépends du scolaire. Là aussi la réforme de la taxe d’apprentissage et celle de la formation professionnelle qui réduit les enseignements généraux ont été ratées…

La FSU adhère à l’avis et l’adoptera

Je vous remercie
Pour la FSU,
Alain Reiller »

1 Comment

  1. APPRENTISSAGE OU FORMATION PROFESSIONNELLE:32 MILLIARDS

    Si le dessein du Gouvernement n’est pas de mettre à mal les formations initiales dispensées du lycée à l’université, pourquoi confondre formation professionnelle et formation continue, si l’on admet que la formation professionnelle, c’est la somme de celle initiale et de celle continue : la mise en avant par le gouvernement de cette seconde accompagnée d’un battage médiatique, occulte la première et pourtant, si la formation initiale n’est pas menée à bien, la formation continue est chimérique. J’oppose aux énièmes formations de l’inutile que si les 32 milliards étaient essentiellement consacrés à la formation initiale, nous aurions comme c’était le cas il y a quelques décennies, un niveau de formation plus élevé. De même que nous avons à pallier les insuffisances du primaire avec le secondaire, ne sommes-nous pas en train, pour la formation professionnelle, de mettre « la charrue avant les bœufs » ? Ici en demandant à l’entreprise et aux organismes de formation privés, de compenser ce qui n’a pas été fait au lycée ou à l’université.
    L’hystérisation d’une décision ne gage pas de son bien-fondé, et le tapage fait pour la faire accepter ne cache-t-il pas une intention qui, clarifiée, ne serait pas acceptée : les moyens de la formation initiale (publique) progressivement transférés au privé. La décapilotade du service public, ici accélérée par un gouvernement à l’écoute du MEDEF. L’adéquation, ou plutôt l’inadéquation formation / emploi n’a jamais été aussi décevante, depuis que le patronat et les écoles ou formations privées qui guignent le pactole s’en sont mêlés.

    Jacques TOURET 7 mars 2018

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